Alors que l’ambassadeur de l’Union Européenne à Dakar défendait la politique de visas Schengen en mettant en avant une augmentation des titres de séjour et des visas délivrés aux Sénégalais, les données statistiques révèlent une réalité bien plus nuancée, voire préoccupante.
Revenant sur l’annonce du Premier ministre Ousmane Sonko, qui avait déclaré vouloir appliquer la réciprocité des visas, l’ambassadeur de l’UE a indiqué que cette problématique est bien prise en compte au niveau européen : «C’est un sujet que nous prenons sérieusement au niveau européen.».
Devenu presque un débat public , Jean-Marc Pisani, ambassadeur de l’Union européenne (UE) au Sénégal est revenu sur l’état de la coopération entre l’UE et le Sénégal, tout en abordant la question sensible des visas, très présente dans le débat public.
En 2022, le Sénégal affichait un taux de refus de visas Schengen de 41,6 %, se classant ainsi au cinquième rang mondial des pays les plus touchés par ces rejets. Sur 56 866 demandes déposées, 23 683 ont été refusées, générant des pertes financières significatives pour les demandeurs sénégalais.
En 2023, la situation ne s’est guère améliorée pour l’ensemble des ressortissants africains. Selon les données de Schengen Visa Statistics, 704 000 demandes de visa provenant d’Afrique ont été rejetées, entraînant une perte totale de 56,3 millions d’euros en frais de dossier non remboursables. Ces refus massifs soulèvent des questions sur l’équité du système de délivrance des visas et sur les critères d’évaluation des demandes. Par ailleurs, la hausse des frais de visa Schengen, passée de 80 à 90 euros en juin 2024, alourdit davantage le fardeau financier des demandeurs, notamment ceux issus de pays à faibles revenus.























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