ETATS-UNIS – « Pas de haine, pas de peur, les immigrants sont les bienvenus » : quelques milliers de personnes ont marché ce mardi 10 juin en début de soirée dans les rues de New York pour protester contre la politique migratoire de Donald Trump, selon une équipe de l’AFP sur place. Après Los Angeles, la mobilisation s’est étendue à de nombreuses autres grandes villes américaines dans tout le pays, comme Chicago, Seattle, Atlanta et d’autres.
À New York, les manifestants, incluant de nombreux jeunes, se sont réunis au Foley Square, une place près de tribunaux où des migrants ont été arrêtés vendredi 6 juin par les forces de l’ordre, pour marcher dans le sud de Manhattan.
« ICE, hors de New York », pouvait-on lire sur de nombreuses affiches en référence à la police fédérale de l’immigration qui multiplie les arrestations de migrants ou demandeurs d’asile ces dernières semaines aux États-Unis, prélude par ailleurs à des heurts musclés à Los Angeles.
« La peur est là au quotidien »
« Je suis ici pour défendre ceux qui ne peuvent pas faire entendre leur voix ici », a expliqué à l’AFP une femme dans la vingtaine, née aux États-Unis d’une mère mexicaine sans statut officiel. « Franchement, ce pays ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui sans les immigrés. Je suis ici pour eux », a-t-elle ajouté en requérant l’anonymat. « La peur est là au quotidien, dès le premier jour où ils sont venus ici et ont traversé la frontière. Chaque jour, quand ils vont travailler, ils ont peur d’être arrêtés et que la moindre petite chose puisse entraîner leur expulsion », a-t-elle poursuivi.
La situation dans la première ville américaine est jusqu’à présent plus calme qu’à Los Angeles, où ont lieu depuis vendredi 6 juin des affrontements entre forces de l’ordre et des manifestants opposés aux expulsions musclées de sans-papiers. « New York sera toujours un lieu de manifestation pacifique, mais nous n’allons pas tolérer la violence et l’anarchie », a déclaré ce mardi le maire de la ville, Eric Adams. Ce dernier a déclaré compter non pas sur l’armée mais la police locale, le NYPD, qui est « parée à toute éventualité ».
La Garde nationale mobilisée dans le Texas
Des manifestations se sont également déroulées ce mardi dans d’autres grandes villes américaines comme Chicago, Atlanta, Omaha, Seattle, Denver, San Francisco, et d’autres. Au Texas, le gouverneur républicain Greg Abbott a par ailleurs annoncé déployer les militaires réservistes de la Garde nationale alors que des mobilisations sont attendues d’ici la fin de semaine. « Manifester dans le calme est légal. S’en prendre aux personnes ou aux biens est illégal et déclenchera des arrestations », a déclaré celui qui est connu pour prôner une politique migratoire répressive dans son État frontalier avec le Mexique.
Mais cela reste toujours à Los Angeles que les tensions se cristallisent le plus entre Donald Trump et les opposants à sa politique migratoire. Le président américain a déployé dans la ville des milliers de soldats, dont 700 Marines, des militaires d’active, contre l’avis des autorités californiennes qui estiment que la situation est sous contrôle.
La maire démocrate de la mégalopole, Karen Bass, a annoncé ce mardi soir l’instauration d’un « couvre-feu dans le centre-ville de Los Angeles pour mettre fin aux actes de vandalisme et de pillage », tandis que le président américain a promis de « libérer » la ville d’une invasion d’« ennemis étrangers ».
























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