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Libye : l’ONU salue une trêve après plusieurs jours de violences à Tripoli

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Après trois jours d’affrontements meurtriers entre factions armées dans le cœur même de la capitale libyenne, le chef de l’ONU a salué, jeudi, l’annonce d’une trêve, sur fond d’enquête internationale sur des crimes présumés commis par un groupe impliqué dans ces violences.

« Le Secrétaire général prend note de la trêve conclue hier à Tripoli et appelle toutes les parties à prendre d’urgence des mesures pour la maintenir et la consolider par le dialogue », a déclaré le porte-parole d’António Guterres, dans un communiqué publié à New York. Le chef de l’ONU s’est dit « profondément attristé d’apprendre la mort d’au moins huit civils lors des récents affrontements » et a rappelé « à toutes les parties leur obligation de protéger les civils ».

La rapidité de l’escalade des derniers jours, durant laquelle plusieurs groupes armés ont convergé vers la ville, dont certains quartiers densément peuplés ont été pilonnés par des tirs d’artillerie, a en effet de quoi susciter une grande inquiétude. Selon la presse, les violences ont éclaté lundi soir, après l’annonce de la mort d’Abdel Ghani Al-Kikli, le chef d’un puissant groupe armé basé dans le sud de Tripoli, en butte avec le gouvernement d’unité nationale d’Abdel Hamid Dbeibah.

La nouvelle a déclenché une riposte des partisans du groupe, précipitant la ville dans une spirale de violences. À ces dernières se sont ajoutés d’autres affrontements violents dans la capitale, de mardi à mercredi, opposant un groupe armé dénommé Radaa à des factions rattachées au Premier ministre Dbeibah, suite à la décision de ce dernier de dissoudre Radaa.
À Genève, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a elle aussi exprimé sa vive inquiétude face à cette escalade : « Il existe un risque grave de déplacement massif et de danger pour les civils », a prévenu son porte-parole. « Nous saluons les informations faisant état d’un cessez-le-feu et demandons instamment son respect total et inconditionnel afin de préserver les droits et la dignité de toutes les personnes vivant dans les zones touchées ».

Depuis la chute du dictateur libyen Mouammar Kadhafi, en 2011, le pays demeure divisé par deux exécutifs concurrents – le gouvernement d’unité nationale de M. Dbeibah, basé à Tripoli, dans l’ouest du pays, et reconnu par l’ONU, et l’Armée nationale libyenne, dans l’est, sous le contrôle du maréchal Khalifa Haftar

C’est dans ce contexte explosif que le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Karim Khan, s’est adressé jeudi au Conseil de sécurité de l’ONU, à New York, au sujet de l’émission du tout premier mandat d’arrêt de la cour en lien avec des crimes commis dans des centres de détention en Libye.

Ce mandat vise Osama Elmasry Njeem, jusqu’à récemment chef de la sécurité judiciaire libyenne et membre du groupe armé Radaa, ce même groupe impliqué dans les violences des derniers jours.

Arrêté en janvier par les autorités italiennes, sur la base du mandat de la CPI, M. Njeem a cependant été renvoyé en Libye, où, selon le procureur de la cour, il « commet des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre, y compris des meurtres, actes de torture et persécutions », actuellement perpétrés à la prison de Mitiga, à Tripoli.

Ces crimes, a affirmé Karim Khan par visioconférence, seraient perpétrés par M. Njeem en personne ou sur ses ordres, par des membres des membres du groupe Radaa, autrement appelé Forces spéciales de dissuasion.

Dans ces conditions, le procureur a estimé que la dissolution de Radaa annoncée par le Premier ministre Dbeibah et le retrait de M. Njeem de ses fonctions de chef de la sécurité judiciaire constituaient « un développement positif ». Il a exhorté le procureur général libyen, Al-Siddiq Al-Sour, à procéder à l’arrestation de M. Njeem, afin qu’il soit remis à la CPI.

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