L’Union africaine suspend la Guinée après le coup d’Etat militaire

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Alors que l’instance a suspendu la Guinée de toutes ses « activités et organes de décision », une mission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) vient d’arriver dans le pays.

Les putschistes qui ont renversé le président guinéen, Alpha Condé, se retrouvaient, vendredi 10 septembre, sous forte pression diplomatique. L’Union africaine (UA) a annoncé la suspension de la Guinée de toutes ses « activités et organes de décision ». Et une mission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) vient d’arriver dans le pays.

La Cédéao a condamné le jour même le putsch mené dimanche par le chef des forces spéciales, le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya, contre M. Condé, 83 ans, vétéran de la politique ouest-africaine. Elle a exigé sa libération et le « retour à l’ordre constitutionnel » dans ce pays pauvre mais regorgeant de ressources minières, notamment de bauxite.

« Nous avons vu le président, il va bien », a déclaré aux journalistes le ministre burkinabé des affaires étrangères, Alpha Barry. « Nous avons vu le président ici, au quartier général de la junte », a aussi précisé le président de la commission de la Cédéao, Jean-Claude Kassi Brou, confirmant que « le président Alpha Condé [allait] bien ». La délégation de la Cédéao, composée des ministres des affaires étrangères de quatre pays et du président de la commission de la Cédéao, M. Kassi Brou, était arrivée en fin de matinée à l’aéroport de Conakry à bord d’un avion de la République du Ghana, qui assure la présidence tournante de l’organisation régionale.

Menace de sanctions

La citation du jour par Shirley Ayorkor Botchway, Ministre Ghanéenne des Affaires  Etrangères - Infomédiaire

La ministre des affaires étrangères ghanéenne, Shirley Ayorkor Botchwey, est accompagnée, outre du président de la commission, de ses homologues nigérian, Geoffrey Onyeama, burkinabé, Alpha Barry, et togolais, Robert Dussey. Après s’être entretenus avec un représentant de la junte, le colonel Balla Samoura, les ministres ont discuté avec le lieutenant-colonel Doumbouya, dans un grand hôtel de Conakry, a-t-on appris de source diplomatique.

Les militaires promettent une « concertation »

Ils ont justifié leur coup de force par la nécessité de mettre fin à « la gabegie financière, la pauvreté et la corruption endémique » ainsi qu’au « piétinement des droits des citoyens ». Les militaires réunis au sein d’un Comité national du rassemblement et du développement (CNRD) ont dissous le gouvernement et les institutions et aboli la Constitution qu’avait fait adopter M. Condé en 2020 et qui avait ensuite invoqué ce changement de Loi fondamentale pour se représenter après deux mandats, malgré des mois de contestation réprimée dans le sang.

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