Diffamation : Le maire de Hann bel air réclame 100 millions à son ancien chef de cabinet

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100 millions de francs Cfa, c’est le montant que le maire de Hann Bel Air réclame à son ancien chef de cabinet. A l’en croire, ce dernier l’a diffamé en l’accusant d’avoir commis du faux et du détournement de deniers publics.

Le procès en diffamation opposant le maire de la commune de Hann Bel Air et Aliou Dia, technicien de son état a été jugé, hier, à la barre du tribunal correctionnel de Dakar. Le dernier nommé accuse Babacar Mbengue de vol et de détournement de deniers publics. Il l’invite à apporter des éclairages sur les travaux d’aménagement de la devanture du cimetière de Hann-sur-Mer. Il s’agit d’un dallage (avec un abri et un parking) dont le coût de la construction est estimé à 94 millions. Selon lui, la somme qui était dégagée pour cet ouvrage, dont les travaux ont démarré en 2017, était de 24 millions F CFA. Ce n’est que plus tard, en 2018, qu’il y a eu une modification et un appel d’offres a été ouvert. Le maire a donc demandé une autorisation spéciale de recette. Alioune Dia, un acteur citoyen qui était aux côtés de Momar Gningue, dénonce, notamment, une violation du principe de spécialité. ‘’Il y a des dépenses obligatoires qui doivent figurer dans tout budget. Si elles n’y figurent pas, le sous-préfet doit demander que cela soit corrigé. Mais à Hann-Village, un mur de clôture qui ne me mesure même pas 100 m s’est effondré en 2017. Comme il n’y avait pas de prévision pour une dépense obligatoire pour clôturer le cimetière, le maire a puisé sur les 24 millions qui étaient réservés à l’aménagement de l’abri. Il a violé le principe budgétaire’’, analyse-t-il. Avant de crier au scandale : Comment un mur, qui ne fait même pas 100 m, peut nous coûter 32 883 200 F CFA ?’’ Et d’ajouter : ‘’En plus des 24 millions, il a demandé 70 millions pour la construction d’un ‘mbar’ (abri) et un parking.’’ A la barre du tribunal, hier, le mis en cause a soutenu qu’il n’a parlé ni vol ni détournement. « J’ai parlé de nébuleux dans les marchés.  Le document qui a été produit est faux. La dépense de 91 millions n’a pas été transcrite dans le compte administratif alors que le marché a été passé et exécuté. Il a commis un faux sur un document administratif en soustrayant une dépense qui a été exécuté », a-t-il dit. Avant de poursuivre que : « cette dépense figure dans la plateforme de la Dcmp. C’est pourquoi, j’ai écrit et j’ai saisi le sous-préfet. Sur les investissements des montants déclarés par le maire, cela ne reflètent pas la réalité. Le marché a été attribué à 91 millions 957 mille 400. Et il n y a ni plan ni devis encore moins de contrat ». Un des avocats du maire, Me Massokhna Kane, a indiqué que le mis en cause est un multi récidiviste qui n’a cessé de diffamer son client. « Ce qui a été dit sur lui est extrêmement grave. Ce n’est pas pour rien qu’il a été élu meilleur maire », a dit la robe noire. Me Borso Pouye de son côté a soutenu que le mensonge est un exercice très difficile. « Il a sué à grande eau pour essayer de donner des explications aux propos qui lui ont valu sa comparution. Tout ce qu’il a dit est faux et c’est la raison pour laquelle nous réclamons 100 millions de francs CFA. Je dois préciser que ce montant sera dédié aux Daaras qui sont dans la commune de Hann Bel air », a-t-elle plaidé. Invité à faire son réquisitoire, le maître des poursuites a requis l’application de la loi. Pour finir, la défense a soutenu qu’il n’y a pas suffisamment d’éléments pour entrer en voie de condamnation. Ainsi, a-t-elle demandé le renvoi des fins de la poursuite pour son client sans peine ni dépens. L’affaire a été mise en délibéré.

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