Face à la 3e Vague : Dakar se vide de sa population

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Un cocktail mortel avec la flambée des cas de Covid 19.  Une troisième vague qui néanmoins n’entrave en rien le déplacement des populations vers les régions pour célébrer la tabaski.  A 48h de la fête, Dakar se vide de sa population.

Des clients qui prennent d’assaut les gares routières pour célébrer la fête de l’Aïd  El kébir en famille.  Ils  sont près des millions de personnes à quitter la capitale pour les régions les plus lointaines. Ce qui constitue une problématique dans le secteur du transport. D’où l’intensification de la sensibilisation à l’endroit des chauffeurs. Et pour cause, dans un contexte de pandémie, malgré l’appel du Chef de l’Etat pour rester chez soi,  Dakar se vide peu à peu de ses habitants.

Face à augmentation des cas de Covid 19, pas question pour le Ministre des Transports de sensibiliser les chauffeurs sur le « respect  port de la ceinture de sécurité ou de la limitation de vitesse. »  Ici, l’accent est mis sur le respect des gestes barrières, du port de masque et de l’utilisation de gel antiseptique. C’est le cas au niveau de la gare routière des  Baux  maraichers. Sur place, impossible de passer le portique  sans pour autant recevoir l’injonction de porter son masque et  de l’usage de gel. A l’intérieur, des bus bondés de monde et  prêts à desservir les destinations  les plus lointaines.  Juste à l’entrée du bus, il existe des apprentis qui veillent aux respects du port de masque comme recommandé par le Ministre des Transports, Mansour Faye. Bien que Dakar Dem dikk ait décidé de surseoir le transport, beaucoup de personnes ont pris d’assaut la gare dès les premières heures. Pour rallier son village situé dans le Cayor, B Ndiaye a déboursé près de 5000  Fcfa. Un prix qui passe du simple au  double ; « Je suis arrivée vers 7h  et j’avais décidé de prendre un 7 sept places. Mais j’ai changé d’avis car on me demande près de 8000 Cfa. Imaginez tout de même», se désole-t-elle. Même son de cloche pour  Djibril qui estime qu’il est très difficile dans ce contexte où « l’on demande à la population de rester chez soi. »  « Des années que nous sommes là. La Tabaski est une occasion pour nous d’être plus près de notre famille. Alors que faire», dit-il. S’agissant du transport, celui-ci rallie Kaolack.  « J’ai déboursé plus de 7000 Cfa rien que pour y aller. Je suis obligé et même le mouton  aussi. Il faut 5000 Fcfa. Dans un contexte  de récession, il faut une solidarité », dixit notre interlocuteur. Et d’ajouter «  nous sommes obligés. On ne peut pas laisser les enfants, laisser madame, laisser la maman et puis faire la Tabaski ici », témoigne un voyageur. A quelques mètres, deux personnes tentent de plier bagage pour sortir de la gare. « Je voudrais aller à Koumpentoum,  mais là on nous demande 10.000 Fcfa. Alors que nous avions réservé pour 5000 Fcfa. C’est très cher », dénonce ce couple. Pour Babacar lui, c’est anormal cette hausse des prix. « Ils passent de 3000 Fcfa  à 5000. Pour aller au Fouta c’est 9000, alors qu’il fallait juste  7000  Fcfa. C’est dur en tout cas », renchérit notre interlocuteur.

A Pikine, il existe des garages clandestins. Il faut s’inscrire pour espérer rallier  chez soi.  Des sacs d’oignons, de pomme de terre, des pattes entre autres denrées sont visibles. Des bus remplis aussi de caisses  et autres bagages en guise de décoration de maisons etc. « Les clients affluent  et là nous faisons de notre mieux pour sensibiliser les passagers sur le port de masque et de l’utilisation de gel », témoigne S. Diop apprenti. Pour lui, la hausse s’explique par le fait que le bus retourne à Dakar presque vide.  Du coté de Grand Yoff, au niveau de la gare de Bignona, il faut près de 10. Milles francs. Pour le mouton, d’aucuns déboursent près de 8000 Fcfa. « C’est dur mais que faire. Il faut regagner la maison pour fêter la tabaski en famille. Des mois que nous sommes à Dakar pour travailler, l’heure est au retrouvaille », déclare Coly, le sourire aux lèvres.

Des charrettes, des motos taxi et  autres véhicules sont sollicités pour acheminer les marchandises devant être convoyés. Malgré la troisième vague, les populations regagnent leur famille. Une Tabaski à haut risque.

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