Interdiction de la prière collective de tabaski : La Mauritanie montre la voie à suivre

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Covid-19 et fête de tabaski, une équation qui fait frémir tous les Etats musulmans notamment ceux du sahel comme le Sénégal.

La plus grande fête musulmane s’accompagne de déplacements massifs de populations avec des prières collectives et des rassemblements au niveau familial et en public.

Une occasion inespérée par un virus à multiples variants et dont la propagation est devenue exponentielle. La preuve, on se réjouit d’avoir plus de 500 cas au Sénégal alors que l’on devrait savoir que c’est seulement le nombre de tests qui a diminué et non forcément de contaminations.

Alors, tout le monde se demande comment éviter une plus grande contamination dans des circonstances pareilles où il est certain que le virus aura une occasion en or de se propager davantage ?

La solution nous vient de la Mauritanie. Ce pays a décidé, officiellement, d’interdire tout simplement les prières collectives pour la tabaski ou Aïd-al Adha. Les gens vont prier chez eux, en famille.

Parallèlement, Ghazouani et son équipe ont décidé de lancer officiellement une campagne de sensibilisation pour le respect des mesures barrières.

Ce qui est intéressant de noter, c’est que ce pays ressemble beaucoup au Sénégal en termes de présence massive d’autorités religieuses, d’oulémas influents, etc.

Alors, les autorités ont commencé par demander l’avis du Comité des Oulémas qui a été favorable pour la prise d’une décision aussi importante.

Il nous semble alors, sans pour autant exagérer les résultats de la riposte dans ce pays qui en est à un peu plus de 500 morts pour plus de 4 millions d’habitants, que l’exemple doit servir pour un autre comme le nôtre.

Il y a longtemps que le Khalife général des Tidianes alerte sur la dangerosité du virus et la nécessité de revoir notre mode de vie et de dévotion. Il a récolté toutes sortes d’attaques et de quolibets.

A Dakar, l’Imam a décidé de fermer la grande mosquée depuis de longs mois. Personne n’avait compris et beaucoup jasaient.

Et aujourd’hui la mosquée omarienne sera fermée à la prière de la tabaski.

Il nous semble que de nombreux sénégalais comprendraient que l’Etat non pas interdit la prière collective comme en Mauritanie, mais préconise aux musulmans de ne pas y aller.

Car, le contexte du Sénégal est tellement difficile qu’une interdiction équivaudrait à une provocation et créerait des crises ‘’diplomatiques’’ aux conséquences incalculables entre l’Etat et certaines confréries et groupes religieux.

Alors, que ceux pensent qu’ils doivent aller prier aient en tête l’exigence du respect des mesures barrières.

Parallèlement, il faudra la mise en place d’une nouvelle stratégie de communication basée sur de nouveaux messages portés par d’autres personnes que celles que l’on entend le plus souvent.

Des messages à double objectif, d’où sa complexité : Sensibiliser pour le respect des mesures barrières mais aussi sensibiliser pour la vaccination.

Sur ces deux volets, malgré les nombreux efforts consentis, il n’est pas sûr que nous ayons atteint les résultats escomptés. D’où la nécessité de revoir l’approche communicationnelle dans tous ses aspects.

Car, pour atteindre des résultats politiques, nos leaders s’entourent des meilleurs en matière de communication et élaborent des stratégies diaboliques pour atteindre des résultats incontestables.

Alors, on doit en faire pareil. Malheureusement, contrairement aux deux premières vagues, il n’y a pas ici aucune forme d’engouement autour des objectifs communs.

Les états-majors politiques, sans le dire, sont beaucoup plus préoccupés par les échéances électorales futures, les alliances et autres stratégies pour arriver à tirer maximum profit de la situation.

Pendant ce temps, le virus a été domestiqué, sa dangerosité banalisée. Le Coronavirus est devenu, aux yeux de beaucoup, comme n’importe quelle autre maladie. Ce qui est une erreur.

Car, une pandémie a la particularité de tuer en masse et de ne faire aucune forme de distinction. Et comme nous ne savons pas si elle va continuer sa danse macabre ou disparaitre, autant accepter les sacrifices du moment tout en sachant qu’il y aura d’autres fêtes de tabaski.

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