Mamadou Ndione, Dg Du COSEC : « Le Cauris d’or du leadership qui m’a été décerné est un challenge pour moi »

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Le directeur général du conseil sénégalais des chargeurs (Cosec) a été l’invité du Grand Oral. Sur les ondes de la 97.5 Rewmi Fm, Mamadou Ndione puisque c’est de lui qu’il s’agit est revenu sur la dernière soirée des Cauris d’or, entre autres, sujets d’actualité. Morceaux choisis.

Vous avez été lauréat du prix du Cauris d’Or leadership distinction remise par le Meds lors de la dernière soirée des Cauris d’or. Comment avez-vous accueilli cette distinction ?

Je tenais tout d’abord à remercier le président du Meds, Mbagnick Diop et le président du jury qui, certainement se sont basés sur des critères que j’ignore certes en toute modestie. Mais je prends ce prix comme un challenge, comme un encouragement à persévérer. Parce que le leadership c’est d’abord se faire entendre, se faire croire mais également le leadership c’est donner le tempo en terme d’ambition et d’action. Donc, je pense que c’est un prix que je prends en toute humilité mais tout en me disant qu’il faut davantage persévérer. Parce que ce pays a quand même besoin de voix qui portent mais également d’exemples qui puissent servir à la jeunesse et cette jeunesse en a besoin. Aujourd’hui quand je vois ce qui se passe dans les écoles récemment, moi j’ai des frissons. Je me dis quand même que notre génération a des choses à transmettre. Nous avons vécu des situations beaucoup plus difficile que la jeunesse actuelle et nous devons être très courageux en leur disant clairement que la vie n’est pas facile. La vie n’est pas faite que de droit, la vie est faite aussi de devoir et de sacerdoce.

Vous êtes spécialisé en transport maritime, entre autres. Beaucoup de jeunes à la recherche d’emploi ignorent ces secteurs d’activité. Un message pour ces jeunes?

Aujourd’hui j’estime que le premier avantage comparatif du Sénégal c’est le maritime. En terme d’avantage comparatif les pays se concurrencent sur la base de dotation factorielle naturelle et la première dotation factorielle naturelle du Sénégal c’est nos 718 km de cote. C’est l’infrastructure portuaire qui était déjà même léguée pour partie par le colonisateur pour une bonne partie. Mais actuellement, il y’a des choses immenses qui se font avec le chef de l’État notamment les ports de Ndayane et de Bargny ainsi les ports secondaires (…). C’est un secteur méconnu encore par l’essentiel des jeunes. C’est d’ailleurs ce qui a justifié mon dernier ouvrage sur les métiers portuaires. Mais j’estime aujourd’hui que le Sénégal doit d’abord s’appuyer sur cette dotation factorielle naturelle maritime pour davantage peser en Afrique en termes de hub logistique etc. Sous ce rapport, il y’a quand même beaucoup d’efforts qui sont en cours avec les écoles de formation, avec le renouvellement du personnel dans ces secteurs. Parce que le maritime, la logistique c’est plusieurs métiers. C’est des milliers de métiers possibles et c’est la raison pour laquelle je taquine souvent mes collègues du maritime et de la logistique en leur disant que c’est à nous de décomplexer notre secteur pour davantage le porter haut. C’est un secteur qui paye bien parce que quoi qu’on puisse dire le secteur de la logistique au sens large est un secteur déterminant dans l’économie du pays. Il va falloir faire le plaidoyer pour davantage encrer dans nos promesses la logistique.

Pouvez-vous nous faire un bilan du Cosec dont vous êtes actuellement le directeur général ?

Faire un  bilan c’est osé peut-être. Je suis au Cosec depuis 2017 et ça fera bientôt 4 ans. Quand je venais au Cosec il fallait recentrer le Cosec dans son cœur de métier, l’assistance aux exportateurs. Il a fallu orienter davantage le Cosec vers cela en rapport avec le conseil d’administration et le ministère. Concrètement pour parler gigantisme, c’est grâce au Cosec qu’on parle d’anacarde de la Casamance qui s’exporte et on est passé de 100 tonnes en 2017 à 40.000 tonnes l’année dernière. Et en 2019 avant la Covid on était à 56.000 tonnes. Et cette année, il y’a de forte chance qu’on dépasse les 75.000 tonnes. Ça veut dire qu’il a fallu que le Cosec vienne en région sud, organiser les acteurs et les pousser à tirer dans le même sens. C’est la vocation du Cosec. En terme d’investissement, le Cosec a renforcé sa position dans l’armement national que nous contrôle à 51%. Et c’est nous faisons à la fois la liaison Dakar-Ziguinchor mais aussi le transport de marchandises vers la sous-région ouest africaine avec des navires cargo. En termes d’organisation interne, nous avons d’avantage renforcé nos interventions dans le territoire national. Quand on dit territoire national c’est que le Cosec s’appuie sur les chambres de commerce et les chambres de métiers qui reçoivent des appuis et des subventions du Cosec. Elles reçoivent également des accompagnateurs en termes de renforcement de capacité et des investissements qui s’inscrivent dans les missions du Cosec. En interne également, nous avons encré la dématérialisation des procédures du Cosec (…). Il faut dire que je fais beaucoup avec moins de moyens que mes prédécesseurs. Mais entre temps, on a dû développer d’autres sources de revenus. Il y’a une rubrique qu’on a travaillé davantage et le bordereau suivi cargaison pour multiplier par deux cette source de revenu en moins de deux ans.

Le monde est frappé par le Covid-19 et on parle même de 3e vague. Est-ce qu’il y’a un impact au niveau du Cosec?

Oui il y’a un impact parce que dès les deux premières vagues déjà le Cosec tirant son principal revenu des importations on a subi un peu ce choc exogène. Mais il a fallu s’adapter comme tout le monde. Nous étions avant ce Covid dans une phase de dématérialisation de nos procédures. Aucune marchandise n’est dédouanée au Sénégal si le Cosec ne soumet pas cette marchandise dans la plateforme que nous avons développé en interne. Aujourd’hui avec les smartphones, on peut faire toutes les formalités sans se déplacer. Par rapport à la cible importateur-exportateur, nous avons développé trois outils. Le premier c’est l’exposition virtuelle permanente. On ne peut plus amener tout dans les foires à l’international. On a une plateforme virtuelle pour exposer les produits de nos exportateurs. Le deuxième outil c’est comment gérer les réclamations des clients. On a développé une plateforme qui nous permet en tant que conseil des chargeurs de saisir les autres intervenants. L’autre outil c’est la bourse de fret. C’est une plateforme de rencontre entre l’offre et la demande de transport. On s’est organisé avec le Covid et avec la 3e vague il va falloir davantage renforcer le dispositif existant.

Avez-vous rencontré des difficultés au niveau du Cosec?

Beaucoup d’établissements publics gagneraient à être mieux connus par l’Etat et mieux connus par les opérateurs économiques. Souvent je dis que le premier challenge d’un leader c’est de faire connaître son entreprise (…). Mieux, de linker la demande de cette structure avec deux exigences d’arrimage au Pse mais aussi d’arrimage aux ambitions d’un secteur privé fort à renforcer.

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