Tabaski 2021 : L’impératif, immoler le mouton et d’échapper au virus !

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C’est une fête de tabaski qui se prépare en grande pompe au Sénégal et dans tout le monde musulman dans un contexte de propagation du coronavirus avec notamment les variants Delta et Alpha.

L’Organisation mondiale de la Santé (Oms) est particulièrement soucieuse des conséquences possibles de la Covid-19 lors de la célébration de la fête de l’Aïd-El Adha ou tabaski notamment des pays comme la Tunisie où la propagation du virus tourne autour de plus de 8 mille cas par jour avec une centaine de morts.

Il en est ainsi dans plusieurs pays du Maghreb et ailleurs en Afrique comme au Sénégal où hier, plus de 1700 cas ont été décelés.

L’Afrique en est à environ six millions de cas de coronavirus depuis le 13 juillet avec une augmentation croissante des cas comme cela a été observé dans notre pays.

Et le plus grave, c’est qu’au Sénégal, il y a une tension au niveau des lits de réanimation qui sont aujourd’hui occupés. Et les médecins spécialistes dans la réanimation ne sont assez suffisants, si l’on en croit le Docteur El Hadji Malick Niang de ‘’Urgences et solutions médicales’’.

A l’en croire, le personnel médical est débordé et ils sont à chaque fois traumatisés quand ils reçoivent un appel d’urgence pour un cas nécessitant une réanimation car les structures de santé ne peuvent plus en recevoir.

Et ce qui est préoccupant, c’est que la prise en charge à domicile, pour les cas graves a des conséquences dramatiques car, le patient risque de ne pas s’en sortir.

Or, pour les structures privées, la prise en charge est hors des bourses d’un sénégalais moyen.

C’est dire à quel point la situation est déjà préoccupante. Si on doit alors y ajoute une situation de fête avec un fort risque d’augmentation des cas parce que tout simplement il y aura beaucoup de déplacements, on imagine la préoccupation des autorités sanitaires qui frise la psychose.

C’est pourquoi, il est important, pour les populations, d’être au même niveau de préoccupation que l’Oms et les autorités sanitaires.

Et il est heureux de noter que le nombre de sénégalais qui se font vacciner augmente d’une façon importante. On n’en est à 3 mille cas de plus en 24 heures.

Mais, cela ne suffit. Même si nous attendons 500 millions de doses d’ici la fin du mois, il est utile de faire remarquer que la vaccination ne dispense pas de l’adoption des mesures barrières parce que l’on peut aussi attraper le virus malgré elle.

Alors, la seule solution est, pour les sénégalais, de respecter les distanciations sociales, le port du masque, de se laver les mains, de prendre des gels, etc.

A ce propos, il faudra éviter, le jour de la tabaski, d’aller prier au niveau des places indiquées, car, ce serait risqué. Et au niveau des transports en commun, la vigilance doit être de mise en intelligence avec les forces de sécurité dans le strict respect de la loi.

Car, il faut certes sacrifier à la tradition de l’immolation du mouton, mais surtout éviter d’attraper le virus en se passant de tout le cérémonial non-nécessaire qui entoure la fête.

Il est nécessaire ainsi de retenir les enfants, de limiter leurs déplacements pour aller demander le traditionnel ‘’ndéweneul’’ (sorte de charité) dont la pratique est ancienne au Sénégal.

Malheureusement, si rien n’est fait en matière de communication de masse, la prise de conscience fera défaut et le respect des mesures barrières également.

Car, nous souffrons non seulement d’un problème sérieux de prise en charge sanitaire, mais également, d’une prise de conscience adéquate parce que collective.

Et pour cela, les autorités concernées doivent faire le nécessaire. A des contaminations communautaires, il faut une riposte communautaire et cela passe nécessairement par le plaidoyer et la sensibilisation.

C’est pourquoi, leaders d’opinion et acteurs des médias doivent être impliqués avant que la situation ne s’aggrave n’entraînant d’autres mesures draconiennes que notre économie ne supporterait pas.

Mieux, il faudra que les autorités en haut lieu, au premier rang desquels le Chef de l’Etat, revoient leur communication en ce sens pour l’adapter au contexte en la rendant moins agressive.

Car, ce serait contreproductif et inefficace.

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