Covid-19 au Sénégal : Une troisième riposte timide

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La troisième vague de Coronavirus au Sénégal est beaucoup plus contagieuse que les deux premières. La preuve, les records de contaminations par jour battus durant ces derniers jours.

Et les sénégalais sont à nouveau inquiets. Surtout les autorités étatiques et sanitaires qui ne cessent de multiplier les alertes mais également les recommandations.

D’abord le chef de l’Etat qui, au cours du Conseil des Ministre de ce mercredi, n’a pas manqué d’émettre de fortes recommandations à l’endroit des populations pour le respect des mesures barrières, de la distanciation sociale, du port de masque et surtout d’éviter au maximum les rassemblements.

Même son de cloche au niveau du Comité national de gestion des épidémies (Cnge) qui, au cours de sa rencontre hier, n’a pas manqué de préconiser des mesures fortes qui vont dans le même sens que ceux du gouvernement. Il faut dire que l’Etat reçoit ses informations du Cnge et donc du Minsitère de la santé et de l’action sociale.

Il s’agit notamment de recourir précocement aux soins, d’éviter tout rassemblement de quelque nature que ce soit, d’éviter les déplacements et voyages pendant cette période de fête de Tabaski et de se faire vacciner contre la Covid-19, notamment pour se protéger contre les cas graves.

Aussi, recommande-t-il aux responsables du service public et des entreprises de privilégier le télétravail et de réduire le personnel dans les services.

En outre, le Cnge demande à la jeunesse qui est fortement touchée par cette 3e vague, de se mobiliser, notamment à travers les associations sportives et culturelles et d’autres organisations.

On l’aura remarqué, il s’agit de préconisations qui sont certes essentielles mais dont l’efficacité ne dépend que du bon vouloir du citoyen.

Contrairement aux deux première ripostes, comme nous l’aurons tous observé, les autorités comptent, cette fois-ci, exclusivement sur le bon sens et le sens civique des populations.

Or, tout le monde sait que ce sens civique fait terriblement défaut. Il est surtout absent lorsqu’il est mis à rude épreuve face à d’autres impératifs surtout d’ordre économique et de survie.

Il s’y ajoute qu’il est actuellement difficile de demander plus à des populations durement éprouvées par des couvres feu et des états d’urgence qui ont trop duré dans les régions de Dakar et de Thiès et dont l’efficacité est sujette à caution.

Pis, face à des secteurs entiers de l’économie qui sont à genou, l’Etat ne peut plus se permettre des mesures contraignantes et restrictives surtout dans le secteur de transport où, aux heures de pointes, les gens sont entassés comme des pots de sardine dans les bus.

Nos transporteurs étant habitués à ses superbénéfices, il est difficile de leur demander de faire machine arrière là où ils sont confrontés aux grèves de travailleurs qui réclament leurs droits.

C’est pourquoi aujourd’hui, plus qu’hier, l’Etat ne peut faire que des recommandations.

C’est dire que la riposte est, cette fois-ci, timide. Et risque, par conséquent de ne pas être suivi d’effets majeurs.

Toutefois, ce qui va certainement changer, c’est le nombre de personnes à vacciner. Ce chiffre peut augmenter d’une façon substantielle au regard des nouvelles donnes.

Les 500 mille doses annoncées d’ici fin juillet pourraient aider le pays à limiter la propagation du virus et surtout la multiplication des cas graves.

Mais, comme les experts ne cessent de le répéter, il faudra aussi aller dans le sens de l’amélioration des conditions humaines et matérielles de la prise en charge des malades.

Aujourd’hui, le personnel sanitaire est dépassé. Il y a une forte tension à ce niveau. Et certains parlent même de burn out, cette forme de surmenage qui affecte le travailleur.

C’est pourquoi, le recrutement ou simplement la mise à contribution des médecins chômeurs, des étudiants en fin de cycle de formation est primordiale.

Il nous faut des hôpitaux militaires avec des tantes, le renforcement du personnel, de l’équipement.

Parce que, même si le Chef de l’Etat ne le dit pas cette fois-ci : L’heure est grave.

Mais, comme avec leurs tournées, les autorités n’ont pas forcément bonne conscience même s’elles ne sont pas les seuls responsables parce que le relâchement étant général, la riposte ne pouvait être que timide. En attendant de voir si la situation va se stabiliser ou s’aggraver. Car, au quel cas, il faudra forcément changer de stratégie.

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