Affaire Présumée des 94 Milliards : Ce que le défunt Doyen des juges avait confié à Sonko

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L’audition d’Ousmane Sonko par le défunt Doyen des juges sur l’affaire des 94 milliards, a suscité un gros malaise au plus haut sommet. Le juge d’instruction Samba Sall s’est fait tapé par la hiérarchie étatique pour avoir simplement entendu le leader des Patriotes.

 La Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar a confirmé, mardi dernier, l’ordonnance de refus d’informer dans l’affaire dite des 94,177 milliards de Fcfa. Ce, après avoir rejeté la demande de renvoi. Les avocats d’Ousmane Sonko vont se pourvoir en Cassation et porter le dossier devant la Cour suprême. Le leader de Pastef est sorti de son mutisme pour dénoncer une « une justice complice d’une vaste entreprise d’escroquerie ».

« On peut vous voler des milliards de francs de vos impôts avec la bénédiction d’une certaine justice aux ordres de Macky Sall’’, dénonce Sonko. Qui ajoute que l’Ofnac a mis en lumière 26 autres dossiers qui se présentent de la même manière et qui ont permis aux mêmes acteurs de siphonner des dizaines et des dizaines de milliards du Trésor public. Mais, déplore le leader de Pastef, ‘’le procureur de Macky Sall refuse de lever le plus petit doigt pour la simple raison que les escrocs sont affiliés à l’APR et qu’il s’agit d’un butin partagé à plusieurs niveaux par le biais des ”ristournes”.

Sonko informe que le doyen des juges, ‘’après avoir enregistré notre plainte et nous avoir entendu, a préféré refuser d’informer arguant que nous n’avions pas qualité à agir lorsque l’argent de 15 millions de sénégalais est volé par une poignée de personnes.’’ Ousmane Sonko rappelle que feu le doyen des juges, Samba Sall l’avait avoué devant ses avocats et son greffier, lors de son dernier face à face le 3 mars 2021, qu’il s’était fait taper sur les doigts par toute la hiérarchie étatique pour m’avoir simplement entendu en 2019 en qualité de partie civile. Ce refus d’informer de la chambre d’accusation, ne surprend guère Sonko. ‘’On n’en attendait pas plus de ce juge. Quand on est pressenti au remplacement du procureur de Macky Sall, il faut bien donner des gages à ce dernier qui considère que les postes de procureur, doyen des juges, présidents du Conseil constitutionnel et de la Cour suprême, entre autres, lui appartiennent et leurs occupants lui doivent docilité et obéissance’’, fustige-t-il. Toutefois, Sonko signale avoir largement rempli son ‘’rôle de citoyen et de vigie dans cette affaire’’.

Que disait Sonko dans sa plainte

Le 20 août 2019, le leader de Pastef déposait, devant le premier cabinet, une plainte avec constitution de partie civile pour escroquerie portant sur les deniers publics, faux, usage de faux et concussion contre Mamadou Mamour Diallo (ancien directeur des domaines), Meïssa Ndiaye (ancien chef du bureau des domaines de Ngor-Almadies), l’homme d’affaires Seydou Sarr dit Tahirou et X pour inconnu.

Dans sa plainte, Ousmane Sonko soutenait que Seydou Sarr, représentant  des sociétés Sofico Sa et Conciliation financière de l’Uemoa (Cfu) « se disant créancières de l’Etat, pour avoir racheté de la famille Ndoye et consorts leurs supposées indemnités d’expropriation  aux montants respectifs de 44.227.305.500 Fcfa et 49.950.000.000 Fcfa soit 94.177.305.000 Fcfa, avait signé le 22 août 2017 deux actes d’acquiescement  avec Mamadou Mamour Diallo et Meïssa Ndiaye alors qu’une expropriation pour cause d’utilité publique n’était intervenue aux dépens des héritiers susvisés ».

Ousmane Sonko précisait que « les délits de faux et d’usage de faux procèdent du fait que dans les actes d’acquiescement en cause, il a été visé le décret de 1997 qui aurait exproprié la famille Ndoye alors que ledit décret concernait l’expropriation pour cause d’utilité publique de la société Saim Indépendance et portait sur une superficie de 121 hectares et non 256 hectares comme mentionné ».

Concernant l’escroquerie sur les deniers publics, Sonko ajoutait que « Tahirou Sarr s’est prévalu de la qualité d’exproprié par le biais du rachat de créance pour se voir verser des sommes d’argent par le Trésor public alors que la loi de 1976 sur l’expropriation déclare nulles et de nul effet toutes délégations ou cessions consenties à des intermédiaires par les expropriés de leur droit à l’indemnité d’expropriation ». Enfin, pour la concussion, le leader de Pastef accusait «Mamadou Mamour Diallo et Meïssa Ndiaye, en tant que fonctionnaires, d’avoir facilité à Tahirou Sarr la perception des montants en cause ».

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