Attaque de Personnalités, Campus en Effervescence : Le Sénégal verse dans la violence

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De la violence physique avec les injures, les invectives et autres déviations, les sénégalais sont en train de passer à une autre forme de violence beaucoup plus insidieuse, la violence physique.

Il ne se passe pas un seul jour sans que nous n’assistions à des scènes de violence d’une rare barbarie comme c’est le cas lors de la tournée du Chef de l’Etat avec sa maison familiale incendiée et le cortège de Bougane Guèye Dani du mouvement Geum Sa Bopp pris pour cible par des jeunes.

Ce qui est davantage préoccupant, c’est l’entrée en scènes des étudiants dans ces cycles de violence avec des actes à répétition qui traduisent la banalisation des agressions physiques dans le milieu universitaire et ceci, pratiquement dans toutes les localités du pays.

Il est clair que la violence est devenue, pour beaucoup, le mode d’expression le plus usité.

Il n’y a qu’à voir avec quelle facilité les automobilistes se livrent à elle, d’une façon quotidienne avec désinvolture et irresponsabilité. Aucune forme de tolérance n’est de mise sur la route.

Malheureusement, cette même violence envahit les foyers, les relations interpersonnelles. On n’est content que quand on agresse son prochain moralement ou physiquement et souvent, tous les deux à la fois.

Même les supporters des matchs internationaux de football se livrent systématiquement à cette violence quand ils ne sont pas contents pour un pays estampillé de la ‘’téranga’’ (hospitalité).

Les couples divorcent à un rythme exponentiel après des quolibets de toutes sortes, des insanités jetées à la figure de l’autre.

Sur les plateaux de télévision, à l’Assemblée nationale et ailleurs, ce sont les mêmes scènes de pugilats.

Dans les commissariats, des gens meurent. Frères et sœurs se crêpent le chignon à longueur de journée.

A ce rythme, nous allons tout droit vers le mur. Ce qui s’était passé les 02 et 03 mars est assez éloquent pour dire à quel point le Sénégal a atteint la ligne rouge dans le culte de la violence.

Si aucun segment de la société n’est épargné, si tout le monde s’y met, il arrivera un jour où ça va déborder pour déstabiliser tout le pays. Tous les signaux sont au rouge.

C’est pourquoi, il est nécessaire, dans un élan de sursaut national, que nous travaillions à inverser la tendance.

C’est comme si nous avions pris place dans un bus fou qui quitte la route et que nous ne fassions rien pour le stopper. La chute ne doit alors surprendre personne.

Pourtant, il y a de cela quelques années, nous n’étions pas comme ça. Loin de là. En sport, nous étions les plus fairplay, en politique, notre modèle était imité et sur le plan social, les relations étaient des plus agréables, empreintes de civilité.

Qu’est-ce qui a changé entre temps ? C’est aux sociologues de nous le dire.

Mais, ici, dans cette rubrique, nous nous faisons le devoir de rappeler que nous sommes tous coupables.

Quand, dans un pays, les inégalités sociales sont flagrantes, l’arrogance magnifiée, la mafia règne dans tous les domaines, que les plus forts écrasent les autres, que la réussite est réservée à ceux qui font la politique et non à ceux qui travaillent, que les jeunes broient du noir faute de débouchés et qu’ils bravent la mer pour fuir leur pays, il n’est pas étonnant que les valeurs ne soient plus respectées et que la majorité des gens déraille.

Les fils de ce pays ont faim et croupissent également de plus en plus dans la misère intellectuelle quand on instruit sans éduquer.

Le jeune ne respecte plus son ainé, les anciens sont désacralisés, la religion portée comme un label de reconnaissance sociale et de prestige, la politique comme un moyen d’enrichissement illicite.

Nous avons abandonné toutes nos racines au profit du matériel et avons vendu nos âmes au diable au point que nous ne savons plus qui nous sommes et où nous allons.

Même les morts sont critiqués et les funérailles banalisés.

Pis, nous n’avons pas pu inventer un modèle social alternatif adapté à une modernité vorace.

L’implosion guette notre pays et tout indique que ce n’est qu’une question de temps…

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