Tournées Economiques ou Politiques : Macky, dans un mélange de genres ?

0 102

Macky semble avoir donné le tempo à ses militants. En effet, depuis quelques jours, il sillonne le pays dans le cadre  « des tournées économiques. » S’agirait-il de tournée économique ou  la remobilisation de troupes ? A en croire des observateurs, il y a mélange de genres. Pour d’autres, il est dans une logique de tâter le pouls de ses réalisations.

A chaque étape, c’est une foule qui l’acclame avant de lui souhaiter la bienvenue. Ene prenant  la parole,  c’est un discours politique en vue de lancer un message à l’endroit des militants  de son parti. De même, ces derniers se livrent à une rude bataille d’existence dans une zone comme dans l’autre.  Mais pour d’aucuns,  dans aucune des localités, il (Ndlr : Macky Sall)  n’a rencontré les acteurs économiques. « Ce qui  veut dire qu’il s’emmêle les pinceaux. Avec tout ce folklore, il ne  s’agit pas de tournée économiques, mais de préparer  le terrain en vue des prochaines locales », explique Maissa Babou, économiste, enseignant à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.  A l’en croire, il ne règle que des compte et mettre ses partisans en rangs serrés et dans une solidarité. Bref, « nous sommes à l’ère de la campagne. »

Par rapport à l’impact des tournées auprès des populations, celui-ci estime qu’avec l’inauguration d’un hôpital de 20 milliards de Cfa, même un ministre pouvait s’en charger. « Ce n’est pas quand énorme surtout qu’on le fait 9 ans après. Mais ce n’est pas sérieux, c’est le fait de déplacer toute la République. Nous risquons déjà de dépenser plus que le cout de l’hôpital. Quand on a vu défiler des car Ndiaga Ndiaye, il n’y avait aucune sobriété. J’aimerai aussi que l’on rencontre les acteurs économiques locaux mais hélas. Il ne nous parle  que des prochaines locales et d’être dans les rangs. C’est de la politique. Avec Macron, il n’y avait même pas deux ministres avec lui. Il faut arrêter ce folklore tout de même. Il  faut aussi recevoir les acteurs  en question et penser à la sobriété car en dépensant plus que l’investissement c’est inacceptable  », argue l’économiste.

L’on se rappelle, dans l’une des étapes  de la tournée, le Président Macky Sall avait avancé des chiffres.  Sur Kaffrine, il disait : «  par rapport aux investissement consentis entre 2017 et 2020, 126 milliards ont été injectés depuis le dernier Conseil des ministres d’avril dernier avec 63% des promesses réalisées. » Selon  Abib Ndao, économiste et secrétaire exécutif de l’Observatoire  de la qualité  des services financiers (OQSF).  Pour  il s’agit bien de tournées économique et accessoirement politique. Pour cela, il faut faire la différence entre l’évaluation et la réorientation des projets. Mais il faut aussi savoir qu’il de la politique  car avec les responsables locaux. « La tournée a été préparée par un Comité régional sous la supervision du Gouverneur et là où était Macky, il y’avait le gouverneur. Ce qui prouve qu’il y a eu un travail scientifique  qui s’est fait en amont pour avoir l’état d’avancement des travaux », dit-il.  S’agissant de la récupération politique notre interlocuteur estime que c’est inévitable car « les responsables locaux ont fait dans la surenchère pour accueillir leur mentor.  Parce que l’essentiel des élus ont été élus  sur la base du programme de Macky ; donc il est normal que  quand le Président inspecte ses réalisations, qu’ils fassent du bruit et il faut comprendre que c’est lié à cette campagne.  Pour le nord du Sénégal, c’était prévue pour le 20 avril. Mais avec la pandémie et cela a été suspendue. Donc dans l’intention de Macky est d’aller voir les projets. » Sur cette pensée de  Meissa Babou, Habib Ndao a battu en brèche la thèse de cette dernière. Pour lui, la tournée est économique. « Quand un Chef de l’Etat décline sa visions économique, il fait bien qu’il y’ait foule.  Donc on ne peut lui reprocher d’aller voir l’évolution des travaux. Ce sont déjà quatre hôpitaux qui ont été inaugurés », dixit Abib Ndao.

A la question de savoir si sous ce format là on peut avoir une idée des investissements et ce qui reste, Abib Ndao estime qu’il y a la route Nganda-Kaffrine, le pôle emploi. A  Kédougou c’est avec les travaux du Promoville, l’eau potable avec un niveau d’exécution.  Pour ce qui est de l’accueil de Macky  avec des brassards rouges, cette approche a permis de tâter le pouls des populations et de savoir ce qui marche et ce qui ne marche pas. « C’est bien car cela permet de connaitre les difficultés et de trouver des solutions car  le  socle économique de la politique de Sall c’est la lutte contre les inégalités et les disparités. Il fallait le faire donc il existe un aspect important pour s’occuper de la situation du monde rurale », indique M. Nao.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.