Fin de L’opération Barkane au Mali : La France réalise un vieux rêve

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Le Président français, Emmanuel Macron, vient de mettre fin à l’opération Barkane composée de 5100 hommes. L’annonce a été faite hier, en France, lors d’une conférence de presse.

A la place, la France envisage de mettre en place, ‘’une alliance internationale associant les États de la région’’.

Sans enterrer aussi le G5 Sahel parce qu’il n’en a pas la capacité formelle, de facto, Macron désavoue aussi, cette initiative africaine prise par cinq pays de la sous-région le Mali, le Burkina Faso, la Mauritanie et le Tchad et qui a du mal à être une force alternative contre les djihadistes actifs dans la zone des trois frontières où un carnage vient d’être effectué sur les populations civiles de Solhan.

C’est donc un vrai changement au niveau stratégique qui vient ainsi d’être opéré au Mali et dans le Sahel par la France qui réalise ainsi un vieux rêve.

Tout le monde sait que l’ancienne puissance colonisatrice était intervenue dans ce pays à la demande des autorités de l’époque et qu’avec la force Serval, elle avait repoussé les djihadistes qui marchaient vers la capitale Bamako.

Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts. Nombre de maliens et des populations du Sahel ne cessent de critiquer la présence française dont le rôle est considéré par certains, comme ambiguë.

Des critiques suivies de manifestations à Bamako qui avaient exaspéré les autorités françaises au point que Macron avait, diplomatiquement fauté en décembre 2019 en convoquant presque ses homologues africains pour une opération de ‘’clarification’’.

Une demande qui a été mal interprétée en Afrique et qui n’avait fait qu’accentuer le sentiment anti-français.

Avec la mort du Maréchal Déby même si les troupes tchadiennes ne sont pas retirées du Mali et le double coup d’Etat dans ce pays, la France a trouvé une occasion de mettre fin à une opération qui a montré ses limites.

En effet, si l’Etat malien a été sauvé, il est resté écorné et affaibli par des mouvements extrémistes qui ne sont plus seulement au nord mais aussi au centre avec le Katiba du Macina dirigé par Amadou Koufa.

L’idée du remplacement de ces forces par une alliance internationales avec d’autres pays de la sous-région n’est pas nouvelle.

La France a toujours voulu une force alternative africaine. Et de leurs côtés les Etats africains sont depuis longtemps convaincu de la nécessité de la mise en place d’une force de réaction rapide. Celle-ci, comme le G5 sahel et pire même, tarde à être opérationnelle.

Aujourd’hui, le souhait de la France qui ne se retire pas complètement, est qu’une force africaine alternative avec des pays comme le Sénégal, la Guinée et la Côte d’Ivoire puisse voir le jour. Des pays qui ont des armées plus ou moins solides.

Car, ce qui inquiète davantage la France, c’est que les équipements de Barkane sont stockés au Tchad, à N’Djamena et à Abéché sans aucune garantie de sécurité avec la disparition de son ami Déby.

Toutefois, le problème reste entier : Comment mettre en place cette force d’une façon rapide et la rendre opérationnelle ?

Car, la France, qui n’a jamais pu le faire avec le G5 Sahel dont il est l’un des initiateurs, aura aussi du mal à le réussir avec la nouvelle force.

Comme quoi, c’est la confusion totale dans le Sahel. Confusion parce que les terroristes s’allient et créent des groupements solides tandis que les forces de riposte tergiversent, hésitent et baissent les bras.

La conséquence directe d’une telle situation, c’est que c’est l’existence de plusieurs Etats africains qui est menacée avec, à la clef, l’existence, dans une partie du monde, d’une niche de terroristes qui se nourrissent des richesses et menacent le reste de la planète.

Si la France présente le problème de cette manière, peut-être que les autres pays riches vont mettre la main à la poche et s’engager vraiment dans la lutte contre le terrorisme au Sahel.

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