Gestion Du Marche Boubess : Vers de solides empoignades entre Pikine et Guédiawaye

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Les choses se corsent dans la banlieue entre la mairie de Wakhinane nimzatt et Djiddah Thiaroye kao. A preuve,  les camps ont décidé de déclencher la bataille judiciaire, politique et  économique. Des diatribes de part et d’autres. Ce qui laisse présager une vive tension.

 A Pikine, les populations de la commune de Djiddah ont décidé de se ranger derrière leur maire, Cheikh Dieng. Lors d’une rencontre,  les jeunes, les personnes du troisième âge, les femmes, bref toute la population était là. Au même moment, dans la commune de Wakhinane, les populations n’ont pas voulu lâcher du lest et compte faire bloc autour de leur maire, Racine Tall et du maire de la ville Aliou Sall.  Se succédant à la tribune,  les délégués de quartiers de Wakhinane sont  montés au créneau. A ne croire  Moussa Ndiaye, un délégué, il y a plusieurs années existait le marché boubess. « J’ai grandi à Wakhinane nimzatt et à l’époque, la première table de vente venait d’être installée.  Nimzatt se trouvait entre Bopp, wagou Niayes et cité port. Ces populations viennent des hlm nimzatt car il voulait une école, des sanitaires etc. C’est pourquoi, un certain Thierno Birahim Ndao, un vieux avec sa canne nous avait demandé de quitter avec une résistance farouche. Du temps de Senghor, Pape Mbaye Fall,  celui qui écrivait les correspondances  du président à l’époque était là », se rappelle-t-il.  A l’en croire, le nom de marché boubess portait le nom de marché zinc. C’est pour éviter la confusion. «  Le maire de Wakhinane nimzatt se bat pour la politique et non pour le marché. Nous nous battons sur deux plans. Sociale, car ceux qui  gravitent autour du marché sont de pauvres gorgorlu « crève-la-faim.  Au plan économique, il est impensable d’alimenter une autre commune à travers ce marché.

C’est impensable et nous nous battons pour notre patrimoine », argue-t-il.   Ce témoin de l’histoire a aussi tiré sur Cheikh Dieng qu’il accuse de vouloir rattacher le marché à sa commune de que nimzatt. « Le débat a été houleux vers les années 1975. De nos jours, on se bat pour cela et le découpage   nous donne raison. Les commerçants se plaignent et il n’est intéressé que les recettes. Djiddah Thiaroye kao est une commune récente. Rien ne les intéresse à part le  marché mais ça ne passera pas et il faut rétablir la vérité », tance Moussa Ndoye.

Saisie de la chambre administrative de la Cour suprême

A  Pikine, c’est la réponse du berger à la bergère. Les délégués de quartiers sous la houlette de Baye Saliou Ndir, le président des délégués de quartier de Pikine ont décidé aussi de ne pas céder du terrain. Se disant « engagés », les conseillers se sont d’abord attaqués à Aliou Sall. « Il avait pris la décision de faire  parvenir une vidéo à son frère Macky Sall pour réclamer une partie de Dalifort, de Pikine Nord, trois quartiers de Djiddah et le marché boubess. J’avais dit que le prétexte de ce découpage c’est la récupération du Marché », tonne notre interlocuteur. Poursuivant dans ses diatribes, le conseiller du maire fustige cette démarche. «  Le marché est à Bagdad 4. Mais l’Etat central avec ses préfets et gouverneurs, peine même à  se situer dans ce découpage. C’est soit du « je m’en foutisme » ou de l’incompétence. C’est comme si les populations de Djiddah ne méritaient pas d’avoir des privilèges dans le secteur de l’éducation, de la santé etc.  C’est de l’arnaque et cette démarche témoigne aussi du mépris des autorités à l’endroit de Djiddah Thiaroye kao », peste Alla Diop, le Directeur de cabinet du maire. Il ajoute : « je pensais qu’avec le pétrole et le gaz, avec les 1000 camions par jour pour l’exploitation du sable de mer sur le littoral à 55000, avec un frère qui vous donne des millions par mois, ce serait bien de laisser aux populations de Djiddah leur modique marché pour leur permettre de s’en sortir et acheter une ambulance pour la commune. »

Dans cette cohorte de déclarations,  les populations n’ont pas caché leur mécontentement. Selon Alla Diop, le conseil municipal n’a pas été saisi, ni par l’administration territoriale ni par les autorités compétentes. « Le conseil municipal n’a pas été saisi ni informé. Donc nous pensons toujours que nous sommes dans nos droits.  Mais elles sont en train de faire dans le dilatoire. C’est malsain » dénonce-t-il.

Il existe autant d’incohérence dans ce découpage, poursuit Alla Diop qui estime qu’ « il y a vice de forme du fait que ce découpage démontre qu’une partie de Bagdad 4  est touché et que les autorités n’en fassent pas  la précisions dans leur document. Nous allons saisir la chambre administrative de la Cour suprême. Car dans le code des procédures générales aux articles 76, 77 et 78 l’encadrement juridique concerne ce point. »

 

« Macky cherche à satisfaire son frère4

A ce titre, cela va  entrainer le décret qui concerne le découpage du département de Dakar sera rejeté. « Cette démarche de Macky est inélégante car il cherche à satisfaire une doléances individuelle pour des raisons politiques à l’égard de son jeune frère. Et pourtant il venait en vacances à Guédiawaye. Mais ce forcing ne passera pas car toutes les personnes de tout bord sont prêts à y laisser leur vie », tonne Alla.  « Ce sont plus de 85 millions de Fcfa  décaissés dans nos fonds de Pacasen investis à Wakhinane nimzatt pour les femmes  dans la lutte contre la pauvreté. Au moment où l’espoir était permis avec les femmes de Bagdad, de nimzatt etc., tout est à l’eau et nous allons nous battre », estime notre interlocuteur.

Dans tous les cas,  le ton ne cesse de monter d’un cran au jour le jour. Pour Guédiawaye, impossible de céder, Djiddah Thiaroye Kao compte se battre.

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