Permission de Sortie pour Habré: Ses victimes disent niet

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L’association des victimes des crimes du régime de Hissène Habré (AVCRHH) oppose son veto suite à la nouvelle permission de sortie de  6 mois déposée par les avocats de l’ex Président tchadien déchu.

Les avocats de Hissein Habré, ex-président tchadien, ont déposé une demande de permission de six mois auprès du juge d’application des peines, motivée une fois de plus par l’état de santé de l’ex-homme fort de Ndjamena qui serait «préoccupant ». Entre autres arguments, la défense a souligné que l’ancien Chef de l’État tchadien, « en raison de son âge et du temps froid qu’il fait dans son lieu de détention et de l’humidité, enchaîne grippe, rhume et angine. Cette situation met en exergue des risques patents qui s’il se voyait contaminé (par la Covid-19), comporteraient des risques considérables sur sa vie. » Par ailleurs, la défense de Habré voudrait même que ce dernier puisse passer le ramadan chez lui.

Les victimes de Habré qui ont eu échos disent « non » à la sortie de prison de Hissène Habré. « Notre association, qui représente  des milliers de ses victimes, rejetons cette demande et exigeons que, conformément au verdict historique prononcé par les Chambres Africaines Extraordinaires (CAE) et aux obligations internationales du Sénégal, M. Hissène Habré purge la peine de la réclusion à vie à laquelle il a été condamné », déclare l’AVCRHH.

 

Les victimes de Habré rappellent à l’Etat que le Comité contre la torture des Nations Unies a déjà écrit au Sénégal en décembre 2019 pour réaffirmer que « la libération prématurée des auteurs des crimes internationaux les plus graves n’est pas conforme aux obligations » de la Convention de l’ONU contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, dont l’obligation de réprimer les actes de torture par des peines prenant en compte la gravité de leur nature. Selon le rapporteur du Comité, il ne faut pas qu’il y ait « de recours à une mesure déguisée d’amnistie, et que si d’aventure l’état de santé de Hissène Habré ne permettait pas le maintien en détention de celui-ci, il fallait que ce soit avéré».

Elles attirent l’attention sur le fait que les Chambres ont ordonné à Habré de payer 82 milliards de francs CFA aux 7 396 victimes désignées. « A ce jour, il n’a toujours pas versé un seul centime aux victimes. Hissène Habré a caché, et cache toujours, l’argent qu’il a volé au peuple tchadien », se déslent-elles. Le Comité contre la torture, dans sa lettre du 23 décembre 2019, s’est également « déclaré à nouveau préoccupée par le fait que, jusqu’à présent, les victimes des crimes d’Hissène Habré n’ont pas été indemnisées ».

 

« Si M. Habré est malade, il doit bien évidemment recevoir un traitement médical », préconisent les victimes. Ajoutant que ce traitement pourrait lui être prodigué en prison. « Il ne peut cependant pas être  libéré  sans violer les obligations du Sénégal et les principes fondamentaux de la justice internationale », conclut l’AVCRHH

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