Discours du 03 Avril : L’opération de charme de Macky envers les jeunes et l’Armée

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Tous les problèmes des dirigeants en Afrique viennent non pas forcément de leurs oppositions, mais des jeunes ou des Armées.

Et ceci Macky l’a bien compris et intégré depuis les émeutes de ce début mars et le lourd bilan enregistré y compris en pertes en vies humaines.

Ainsi, la quintessence de son discours du 03 avril a été adressée aux jeunes et aux forces armées.

Bien sûr, rien d’étonnant car, le 04 avril est surtout une fête de ces jeunes et des ces forces.

Mais, cette année, le contexte a obligé le Chef de l’Etat à sortir des mesures concrètes notamment pour les jeunes. 80 milliards pour le recrutement de 65.000 jeunes, 450 milliards d’investissement en trois ans, des guichets pour les accompagner dans leurs projets au niveau des 45 départements du pays.

De quoi satisfaire une bonne partie de cette jeunesse surtout si les autorités mettent les bouchées double pour concrétiser le maximum possible ces promesses.

Quant à l’Armée, les équipements seront renforcés, la formation de même ainsi qu’une amélioration substantielle des conditions de vie des militaires avec l’élargissement des bénéficiaires de la pension mixte notamment.

Malheureusement, ce dont il faut prendre conscience, c’est qu’un pays, c’est un tout. Et qu’il est important d’inscrire les actions dans des stratégies globales, réalisables et des méthodes efficaces de suivi, de contrôle et d’évaluation.

Comment satisfaire les jeunes si le secteur privé national est aux abois ?

Dans le même ordre d’idées, pour dégager les ressources budgétaires nécessaires et un bon équipement de nos soldats, il faut aussi que l’économie soit saine.

Car, s’il y a des tensions de trésorerie permanentes, il sera difficile de penser se verser dans des dépenses militaires fortes en temps de paix même on dit que celle-ci est menacée par le terrorisme.

C’est dire que les efforts doivent être soutenus dans tous les secteurs de la vie afin de créer les conditions d’une absorption de cette masse de chômeurs ou de sous-employés.

En clair, en dehors de 65 mille emplois promis, les 450 milliards qui seront dégagés risquent de connaître le même sort que les autres montants logés dans diverses structures de promotion de l’emploi et de l’employabilité des jeunes.

Nous avons un réel problème d’articulation des politiques de jeunesse. Elles tardent à être adaptées et donc efficaces au même titre que les formations dispensées même si des efforts ont été faits dans le cadre d’Instituts supérieurs de formation professionnelles (Isep) par exemple et autres instituts privés.

Le problème majeur du Sénégal, c’est la cherté de la vie : le loyer, le transport, donc le carburant, la santé, l’alimentation de base et autres produits coûtent trop cher.

L’eau, l’électricité et le gaz, en plus d’être mal distribués, coûtent des yeux de la tête avec des contrats d’adhésion manifestement léonins.

Les sociétés nationales s’enrichissent avec la complicité de l’Etat qui pompe leurs ressources à des fins électoralistes.

Cette chaîne d’exploitation du sénégalais à tous les niveaux créé les conditions d’une paupérisation croissante de la grande masse, ce qui affecte gravement l’employabilité des jeunes.

Le paradoxe, dans notre pays, c’est que peu de gens arrivent à trouver du travail et ces ‘’chanceux’’ sont souvent mal payés dans un contexte de vie trop chère surtout à Dakar.

Dans ces conditions, il sera difficile de trouver des solutions de bien-être à une frange de la population tout en oubliant que nous vivons dans une société où l’interdépendance des uns envers les autres est une réalité.

Il nous faut, comme dans les années 80, des Nouvelles politiques agricoles (Npa), de nouvelles politiques industrielles (Npi) et des politiques de service notamment avec la digitalisation et de nous nouveaux concepts comme l’intelligence économique ou l’économie artificielle.

En clair, il nous faut un sursaut national en termes de formation/emploi, une dynamique adaptée de traduction des ambitions de la population en réalités.

Pour cela, il faudra se mettre au travail et dépasser le stade des rêves et des promesses.

Car, on l’oublie souvent, les jeunes n’ont fait qu’exprimer l’exaspération de leurs aînés.

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