Abou Thioubalo: « Je n’ai jamais été marabouté »

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Abou Thioubalo est connu pour sa belle voix. Natif de Pikine, il a cartonné en 2009 avec son tube fétiche ‘’Solution’’. Mais son succès n’aura duré qu’une chanson. Il ne fait plus trop parler de lui.  Néanmoins Abou continue de s’accrocher et nourrit toujours le doux rêve de remonter la pente et de redevenir célèbre. Dans cette interview exclusive accordée à Rewmi Quotidien, il renseigne plus sur ses débuts en musique, ses activités, ses projets et quelques lignes de sa vie. Entretien.

 Comment êtes-vous entré dans la musique ?

Dans ma famille, certains ont fait l’école française, d’autres l’école coranique. Et moi je faisais partie de ceux qui apprenaient le Coran. Personne ne s’attendait à ce que je fasse de la musique. Je fus d’abord tailleur. Un métier que j’ai abandonné car je n’y prenais pas goût. Et à vrai dire, je ne me voyais pas devenir tailleur.  Apres cet épisode, je suis allé faire de la tôlerie, puis de la souderie métallique et de la carrosserie. J’y suis resté un moment car je commençais à m’y plaire jusqu’à ce que je découvre les spectacles des faux-lions « Simb ». J’y allais, je chantais en cachette. Ayant pris goût au jeu de faux-lion, je trouvais toujours des prétextes pour ne pas aller au boulot. Je feignais d’être malade et à chaque fois mon patron me demandait d’aller me reposer. J’en profitais pour aller chanter à l’insu de tous. Quand mon patron a su que je séchais le boulot pour les spectacles de faux lions, il m’a renvoyé de son atelier. J’étais tellement content que j’ai jeté ma tenue d’ouvrier à la poubelle. Mais après cet épisode, j’ai vécu des moments très difficiles. J’ai été expulsé de chez moi, je n’avais plus vraiment de toit et je ne voulais pas que ma famille soit au courant. Puis, je suis retourné à mes spectacles de  « faux lions. » Je faisais des spectacles dans des boites de nuit, entre autres. Je n’ai pas honte de parler de mon passé et de tout ce que j’ai enduré. Bien au contraire, je suis le premier jeune de ma génération à faire ce que les autres n’ont pas fait : construire une maison pour mes parents.

Qu’est-ce qui fait que l’on entend plus parler de vous ?

Dans la vie,  il existe des hauts et des bas, et on ne peut pas toujours être au top. Cela fait partie des aléas de la vie. J’accepte la volonté de Dieu car c’est de LUI que dépend notre destin et notre vie. Dieu nous avait accordé une voix mélodieuse et continue à nous accorder cette même faveur. Je dois rendre grâce à Dieu. Car depuis 2009, je  suis devant de la scène. Le reste ce n’est que des détails. S’il ne dépendait que de moi, personne ne me serait supérieur, donc c’est Dieu qui décide.

Il y avait des rumeurs qui circulaient comme quoi vous avez été marabouté. Est-ce vrai ?

Je n’ai jamais prétendu être marabouté. Ce ne sont que de fausses rumeurs ! Et comme je l’ai dit, on ne peut pas toujours être au top… La vie est faite ainsi, là il ne s’agit pas d’affaire de « bayeré » (chance).  J’aimerai  que les Sénégalais arrêtent d’amplifier les choses. Laissons tout entre les mains de Dieu car rien n’est éternel dans la vie. Je suis toujours dans la musique, je suis en train de bosser dur et je fais en sorte de ne pas être dans des futilités. Je ne critique aucun artiste et je tâche de faire mon travail et c’est le plus important. Et j’avoue que la musique m’a ouvert beaucoup de porte.

Quel a été la réaction de votre mère quand elle a écouté la chanson que vous lui avez dédiée ?

A vrai dire, ma mère ne s’attendait pas à avoir un fils chanteur qui ferait le tour du monde. Un musicien qui serait aimé par les autres mères. Je n’ai jamais vu ma mère écouter mes chansons, du moins, pas en ma présence. Quand elle est à la maison, quand elle ne vaque pas à ses occupations, elle est soit allongée soit en train de prier. Je n’ai jamais la chance de la voir m’écouter donc je ne saurais dire ce que cela lui a fait. Ce dont je suis sûr, c’est qu’elle m’aime et qu’elle est très fière de moi et c’est réciproque. A travers cette chanson, je voulais que ma mère puisse se rendre à La Mecque et à l’époque je n’avais même pas les moyens de l’y amener. C’était un rêve. Mais quand l’album est sorti, de bonnes volontés m’ont appelé et m’ont aidé à réaliser mon rêve, et ce geste m’a beaucoup touché. Elle y est finalement allée et j’étais très ému et je puis vous dire que c’est l’une des choses que ma mère a beaucoup appréciée. J’ai un lien très fort avec elle et tant que je continuerai à l’avoir à mes côté,  je n’aurais peur de rien.

Quelle appréciation faites-vous du fonds Covid-19 attribué aux acteurs culturels ?

Nous avons tous reçu 120. 000 Fcfa alors que nous avons des locations de 250 mille à payer tous les mois. Ceux qui ont fait le partage ont pris 20 millions qu’ils se sont partagés entre eux. Et ce n’est pas normal.

Que pensez-vous de la jeune génération d’artistes comme Wally Seck, Sidy Diop, Momo Dieng entre autres?

Chacun fait ce qu’il a à faire.  Je bosse de mon côté et eux aussi font pareil. Je prie pour qu’ils aillent de l’avant. Leur musique est très appréciée des Sénégalais. Et moi, je ne me permettrais jamais de cracher sur qui que ce soit à part les encourager.  Je ne vois pas ce que je peux faire d’autres.

 

Que répondez-vous à ceux qui disent que vous préférez les femmes à la musique ?

Nombreux sont ceux ici qui se font taxer d’homosexuel, donc si les gens vont jusqu’à dire que j’aime les femmes je devrais en être fier. Quoi qu’ils puissent dire, ils ne me verront jamais faire quelque chose d’interdit. Je trouve que ce sont des futilités. Ils jasent sur moi pour entacher ma réputation. De toute façon, c’est mieux que d’être taxé d’homosexuel.

Qu’en est-il de votre ex-femme, l’ex Miss Djongoma ?

Elle n’est plus ma femme, c’est la femme d’autrui maintenant (rire) et rien que pour ça, je ne préfère pas parler d’elle.

Travaillez-vous toujours avec le label Prince Arts ?

 Je n’ai jamais travaillé là-bas.  J’y suis juste allé pour mon album comme pour tous les autres musiciens. Je n’avais pas de contrat, ils me venaient juste en aide. Mais actuellement, ils sont prêts à me signer un contrat pour mon nouvel album.

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