Cherté de la Location à Dakar :Propriétaires et locataires ne parlent pas le même langage

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Le coût du loyer reste un véritable casse-tête pour les locataires. Les propriétaires de maison et les  locataires ne parlent pas le même langage. Si les premiers accusent les locataires de non-respect de leur engagement, ces derniers indexent le coût jugé élevé. 

Dakar est une ville de locataires, c’est ce qui ressort de l’enquête de l’agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD). Le coût du loyer, très élevé, est hors de portée pour certains locataires qui peinent à joindre les deux bouts. Un sentiment largement partagé chez nos concitoyens. A quelques encablures de la mairie de Keur Massar, habite un jeune ingénieur, du nom de Moustapha Diop. Habillé en tenue traditionnelle, un sac à la main, cet homme à la  taille élancée note pour le déplorer la cherté du coût du loyer. «Les conditions de vie des locataires  à Dakar est trop dure  avec des logements peu adaptés et très étroits. L’on voit souvent un père de famille qui a un bas salaire en plus de vouloir subvenir aux besoins de sa famille », regrette-t-il. Pour ce dernier, il faut mettre  l’accent sur la mauvaise  construction des maisons. « L’architecture du logement n’est souvent pas à adapter pour ces occupants entrainant des problèmes d’évacuations d’eau. C’est inadmissible vu que toutes ces charges reviennent aux locataires, c’est à eux de trouver une solution», tonne-t-il.

A la question relative à la disponibilité de l’eau potable, notre interlocuteur reste catégorique. « 90% des maisons construites et  louées à Dakar ont une mauvaise  alimentation en eau potable. Cela est dû en grande partie par une mauvaise  installation voir même une insuffisance de matériels », fait-il savoir.  Sur ces dures conditions, il y ajoute le fait que certains locataires sont obligés de veiller la nuit pour disposer du liquide précieux. «D’autres  se lèvent à 3h  du matin pour puiser de l’eau, sachant que  c’est difficile de rompre son sommeil en pleine nuit pour ensuite aller au travail à 8h », renchérit-il toujours. A cela, vient se greffer le cout de l’eau et de l’électricité. « Nombreux sont les locataires qui se crêpent le chignon  car le plus souvent, les  facture sont source de tension du fait qu’ils partagent le même compteur. Pour  Moustapha Diop, c’est la cause de l’inégalité de la répartition. « Nous pouvons prendre l’exemple d’un appartement qui dispose  de 3 réfrigérateurs, des  télévisions etc.  Ce qui est anormal car chacun devait avoir à sa disposition un compteur et payer ce qu’il a consommé. Il y a également les problèmes de réfections alors que dans les normes une chambre habitée pendant deux ans maximum  devrait être  réfectionnée à nouveau et à la charge  du  propriétaire de la maison», martèle-t-il.

Un avis partagé par le commerçant par Abdoulaye Gueye, âgé de 40ans. Trouvé au quartier Grand Médine où il vit, il témoigne de ces dures conditions. «Actuellement,  nous vivons difficilement, d’ailleurs  là où je loge je paye 75 000f par mois sous pression. Parce que le délai ne doit pas  dépasser pas le 05 du mois. C’est compliqué pour un père de famille qui n’a pas assez de moyens. Avec 5 enfants à nourrir sans compter le loyer et mes besoins personnels, il faut reconnaitre que le commerce n’est pas rentable surtout à cette période de covid-19 où la clientèle  se fait rare », se désole-t-il.  Il se rappelle d’ailleurs de la loi sur la baisse du coût du loyer. « Depuis 2014,  aucune avancée n’a été notée en ce sens. Il  est extrêmement difficile de trouver une chambre à Dakar en ce moment.  Cette situation ne nous arrange pas de payer des loyers excessifs. Nous avons des enfants à nourrir», renseigne-t-il.   Face à l’absence de garantie et de protection sociale, le commerçant déplore le fait que  des bailleurs refusent de signer des contrats. « C’est d’ailleurs, la cause des malentendus entre les colocataires», dit-il Pour Abdoulaye Gueye, les personnes en situation d’handicap  rencontrent des difficultés pour trouver une chambre. « Pour la société,  nous ne sommes bons que pour la mendicité. Nous sommes tous conscients de la vie à Dakar et sur ce, nous lançons  un appel à l’Etat  pour qu’il veille plus sur nous», fulmine-t-il. Les concitoyens restent unanimes sur la cherté de la location, A Guédiawaye, un quartier de la banlieue dakaroise, le même constat a été fait.

«Certains locataires ne respectent pas le milieu où ils vivent»

Cependant, les propriétaires de maison eux aussi relèvent le manque de sérieux de certains locataires.  C’est le cas d’Assane Ndiaye qui dispose d’un appartement de deux chambres, une salle de bain, une toilette  publique, une cuisine et un salon bien meublé. Il est assis sur une grande chaise, habillé en grand boubou avec  un chapelet à la main. Il ne décolère pas face à certains locataires. «Le problème majeur qui se pose est le non payement des loyers. A preuve certains refusent de payer les loyers, par contre il prend le soin d’acheter des iPhone et des matériels de luxe. Or des vieux bailleurs comme moi qui sont à la retraite nourrissent leurs familles qu’à travers ces loyers », tient-il à préciser. Il déplore également les locataires qui ont avec eux des animaux qui dérangent le voisinage comme un chien ou mouton. « Ils ne cessent  de semer le désordre constituant une  source de violence. C’est d’ailleurs la cause principale du manque de tranquillité des colocataires ainsi que le manque de concentration surtout chez les étudiants. Nous pouvons prendre l’exemple des chiens qui aboient  jour et nuit. De même certains sont accompagnés par des serpents qui même s’ils ne font pas de bruit, peuvent faire peur aux enfants des voisins, peste-t-il. A cela, il y ajoute un mauvais entretien des locaux. « Certains salissent les murs ou peuvent casser la construction », déplore-t-il. Ainsi, il invite les  locataires d’avoir un peu de maitrise sur leurs droits et devoirs avant de s’engager dans une location afin d’évité les mal entendues.

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