COMMISSION AD HOC : L’opposition boycotte, la majorité conteste

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L’Assemblée nationale a ratifié la commission Ad hoc chargée de lever l’immunité parlementaire d’Ousmane Sonko accusé de viol par une masseuse. La liste des onze membres a été validée sur fond de tensions et de tiraillements. Récit d’une réunion houleuse !

La séance d’installation de la commission ad hoc a été boudée par une partie de l’opposition, ce mercredi. Aïda Mbodj, représentante du député Ousmane Sonko dans ladite commission, Mame Diarra Fam, député du Groupe des Libéraux et Démocrates, Cheikh Bamba Dièye, représentant des non alignés dans la commission ou encore Moustapha Guirassy, disent ne pas vouloir cautionner ’’l’arbitraire’’ qui est en train de se dérouler à l’Hémicycle. Au cours d’une séance houleuse, l’Assemblée nationale a validé hier la liste des 11 membres de la commission ad hoc chargée d’entendre Khalifa Sall dans le cadre de la procédure de levée de l’immunité parlementaire du leader de Pastef. Ce dernier est accusé de viols et de menaces de mort par la masseuse Adji Sarr. Les députés de l’opposition (le groupe Liberté et démocratie et les non-inscrits) ont finalement boycotté le vote au motif qu’il s’agit d’un ‘’arbitraire’’ qui est en train de se dérouler à l’Hémicycle.

Selon les députés de l’opposition, le juge du 8e cabinet a saisi le président de l’Assemblée nationale en citant nommément Ousmane Sonko, alors que sur le réquisitoire introductif du Parquet, la seule référence du juge, le Procureur a visé X. «Il n’appartient pas à l’Assemblée nationale de définir X. Il fallait se limiter sur le réquisitoire introductif du Procureur qui ne cite pas expressément X », a déclaré Aïda Mbodj qui défend Sonko devant la commission ad hoc et à la plénière, devant les journalistes et en face des grilles du bâtiment de l’Assemblée. « Le juge d’instruction, la lettre qu’il a reçue du Procureur n’a pas nommé Ousmane Sonk », renchérit la députée Libérale, Mame Diarra Fam. « Il n’y a pas de député qui se nomme X à l’Assemblée. Et il n’appartient pas aux députés de désigner X », ajoute Moustapha Guirassy. L’ancien ministre de la Communication, sous Me Abdoulaye Wade, estime que la procédure de la levée de l’immunité parlementaire de Sonko est en train d’être biaisée.

La majorité conteste

Ces arguments des députés de l’opposition ont été battus en brèche par ceux de la majorité.  Selon Abdoulaye Wilane, le président de l’Assemblée et la présidente de la Commission des Lois ont bien reçu des Pv où Ousmane Sonko a été nommément cité. Accusant ses collègues de ’’vouloir tromper l’opinion’’ par du « show médiatique’’, Wilane promet la poursuite du processus de la levée de l’immunité de Sonko. Toutefois, il note que celle-ci ne signifie pas que le leader du parti Pastef est coupable. « Il bénéficie toujours de la présomption d’innocence », déclare Wilane.

Adji Mergane : « Il n’y a eu de boycott »

 Même son de cloche chez la députée Adji Mergane Kanouté. A en croire la vice-présidente de la coalition majoritaire Benno Bokk Yakaar, l’opposition parlementaire était là jusqu’à la fin de la procédure. « Il n’y a pas eu de boycott, ils étaient tous là. C’est à la dernière minute qu’ils ont quitté la salle. Ils ont quitté quand nous étions en train de voter pour le oui », précise-t-elle. « Ils (l’opposition : ndlr) ont posé une question préalable et Toussaint Manga a eu  5 mn de parole sans interruption. Mais la question a été rejetée par la majorité », éclaire-t-elle. Avant de souligner : « C’est la présidente de la commission des lois et le rapporteur qui sont autorisés à prendre la parole. La liste de la commission a été ratifiée par l’opposition parlementaire et les non-inscrits parce que c’était ça l’objet de la rencontre. L’opposition a écrit un courrier en proposant Cheikh Bamba Dièye à la place de Fatou Ndiaye, cela a été accepté ».  Elle lance un appel à la sérénité et à la raison. « Nous, parlementaires, avons un collègue qui a été incriminé. Et nous devons laisser la justice faire son travail. Nous avons la responsabilité d’entendre notre collègue Ousmane Sonko. Nous restons convaincus qu’il viendra répondre à la commission ad hoc », espère-t-elle. Soulignant toutefois, que « Ce qui doit intéresser les Sénégalais, c’est la manifestation de la vérité. Nous devons rester lucides et être responsables. Des députés qu’on ne voyait plus depuis plusieurs années sont venus aujourd’hui », ironise-t-elle. « Nous devons rester sereins et manifester pour la manifestation de la vérité. Même Ousmane Sonko doit militer pour la manifestation de la vérité; pour que le droit soit dit», conclut la vice-présidente de Bby à l’Assemblée. En conclusion, elle déclare être convaincue que Ousmane Sonko viendra répondre à la commission ad hoc ».

La commission ad hoc ratifiée avec son bureau composé d’un président, d’une vice-présidente et d’un rapporteur, suivra l’établissement d’un calendrier pour les auditions. Ensuit un agenda  sera décliné par la conférence des présidents qui va convoquer Ousmane Sonko. Ce dernier a le loisir de déférer accompagner de son avocat ou de ne pas y déférer. Quoi qu’il en soit, la Commission fera son rapport qui sera présenté devant une plénière qui décidera de lever ou non l’immunité parlementaire tel que réclamé par le gouvernement via le ministre Me Malick Sall.

MADA NDIAYE

Bureau de la commission ad hoc

Président : Pape Birame Touré.

Vice-Président : Moustapha Mamba Guirassy

2e Vice-Président: Dié Mandiaye Ba

 Rapporteur : Bounama Sall

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