ARRIVEE DES PREMIERES DOSES DE VACCIN CONTRE LA COVID-19 : Le Sénégal entre dans la seconde phase de la lutte

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Le Sénégal vient d’enregistrer, hier, ses premières doses de vaccin. Il s’agit de 200 mille premières vaccins de Sinopharm à un coût d’un peu plus de 2 milliards de nos francs.

Bien sûr, c’est un pavé dans la mare du fait que les sénégalais font plus de 15 millions. Mais, ce n’est qu’un début. Car, nous entrons en effet dans la seconde phase de la lutte contre la Covid-19.

La première que nous étions loin de gagner, était divisée en deux stratégies majeures : faire respecter les mesures barrières afin d’endiguer la propagation du virus tout en procurant aux malades le traitement qui sied. Et cette première phase nous y sommes toujours.

Mais, malheureusement, avec la second vague, le nombre de contaminés comme de morts augmente à une vitesse inquiétante. Et cette tendance ne fait qu’augmenter malgré l’état de catastrophe sanitaire décrété dans la région de Dakar et de Thiès.

Alors, pour endiguer le mal, l’une des alternatives, celle-là adoptée au niveau mondial reste le vaccin.

Malheureusement, nous n’en produisons pas. Et ceux qui sont actuellement homologués par l’Oms coûtent chers et n’existent pas en quantité suffisante.

Il s’y ajoute le fait que les pays font des commandes largement excédentaires pour des motifs de prévention.

Donc, le vaccin est un produit rare mais qui, grâce à des initiatives comme Covax développée par l’Oms, sera relativement rendu disponible pour les pays à faibles revenus.

Alors, nous devons nous estimer heureux de commencer à recueillir nos premières doses d’un partenaire stratégique avec qui nous avons beaucoup de liens de coopération.

Ce même  effort peut et doit être poursuivi pour d’autres producteurs de vaccins après évaluation de la qualité et des conditions de conservation sans oublier le coût.

Nous sommes convaincus qu’il est important d’aller chercher les vaccins là où ils se trouvent et de vacciner, le plus rapidement possible, le maximum de nos concitoyens.

Il n’y a pas de temps à perdre à ce propos.

Reste maintenant, l’équation de l’acceptabilité par nos concitoyens des vaccins. Les théories du complot ont fait beaucoup de dégâts dans le monde y compris dans notre pays.

Beaucoup de sénégalais sont réticents à l’idée de devoir se faire vacciner. Ce qui n’a rien d’étonnant dans un pays où beaucoup doutent de l’existence de la maladie malgré les cas graves et les morts constatés quotidiennement.

Certes, dans le protocole vaccinal, le Sénégal a choisi de commencer par le personnel soignant et les personnes âgées, mais il faudrait penser y intégrer les enseignants et ceux qui ont des co-morbités connus. Et aller vers la grande masse. Ce qui ne sera pas facile.

Car, déjà pour la première phase de la lutte, nous continuons à preuve de laxisme dans le contrôle que les autorités doivent exercer sur les individus qui refusent les mesures barrières mettant en danger leurs compatriotes.

La seule sévérité connue concerne les automobilistes aux heures de couvre-feu. Pour le reste, chacun fait ce qu’il veut.

Dans ces conditions, comment faire accepter le vaccin étant donné qu’il n’est pas forcément légal de l’imposer à quelqu’un ?

En clair, nous aurons en face des gens qui refusent à la fois les mesures barrières et le vaccin. Des suicidaires qui refusent de croire qu’ils sont dans une société organisée et qu’ils sont astreints à des obligations.

C’est pourquoi, sans être répressif, l’Etat doit faire preuve d’autorité, de fermeté.

Malheureusement, ce n’est pas la seule faille observée. Du  point de vue de la communication relative au vaccin, peu de choses ont été faites jusqu’ici.

Or, nous avions le temps d’anticiper la communication, d’activer tous les leviers et outils nécessaires à cela.

A ce propos, nous avons encore failli. Et d’échec en échec, nous offrons au virus de belles opportunités d’épanouissement au Sénégal et dans les pays qui lui ressemblent.

Et si nous continuons sur cette lancée, nous serons les derniers à endiguer le virus et les prévisions pessimistes de départ risquent de s’avérer exactes pour le continent africain.

Assane Samb

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