PROPOS D’UN PARENT D’ÉLÈVE




L’espace scolaire sénégalais, précisément son secteur privé, vit des heures sombres de son histoire, conséquemment à la surgie de la COVID 19, qui n’a épargné aucun pays dans le monde. À l’image de tous les secteurs d’activités secoués par l’ennemi invisible qui, à coup sûr, est en train de recentrer la marche du monde, notre système éducatif voit son segment privé vivre une crise née de l’assaut de ce virus qui obligea la quasi-totalité des États de la planète à décréter le confinement des populations, corrélé à une batterie de mesures barrières en vue de juguler ce MAL, pour ne pas dire de survivre à cette guerre mondiale. D’où, ce bras de fer entre les écoles privées et leurs associations de parents d’élèves, à l’entame de l’année scolaire 2020 – 2021. 

Nous rendons Grace à Allah SWT de nous avoir gratifiés de ses faveurs au vu de la résistance et de la compétence de notre système sanitaire qui nous vaut ce rang de deuxième pays plus performant dans la lutte contre la pandémie.

Pour autant, les parents d’élèves des écoles privées et leurs rejetons doivent ils porter le chapeau de la déconvenue issue de ces tristes trois mois non étudiés par ceux – ci, suite à une mesure édictée par le Chef de l’État ? Ou bien les écoles privées sont – elles les uniques entreprises impactées par la crise à CORONAVIRUS au point d’enjoindre les pauvres parents qui ayant perdu leurs emplois, qui professions libérales dans divers secteurs professionnels sérieusement affectés ou autres, à payer intégralement ces trois mensualités, comme des êtres – vivants d’un cosmos qui n’a point connu ce virus ?

Qui plus est, dans ce dialogue de sourds entre parents et déclarants responsables relatif au paiement de celles – ci, comment peut – on comprendre que des unions d’associations de parents d’élèves des écoles privées catholiques, de collectifs concernant celles des écoles franco – arabes et j’ en passe, puissent vulgariser dans les médias un protocole d’accord daté du 22 Octobre 2020, issu de prétendues négociations avec lesdits responsables d’écoles,  à l’insu de leurs paires ni vues ni connues et n’ayant nullement été informées de quelconques assemblées générales ou démarches administratives etc, à l’effet de résoudre  cette problématique qui les concerne au premier chef ?    

Nous fustigeons cette entreprise qui s’inscrit à contrecourant de notre lutte pour laquelle si peu qu’elle soit pertinente, demeure réfléchie, légitime et officielle parce qu’engendrée par une assemblée générale extraordinaire des parents d’élèves convoqués dans les règles de l’art, découlant d’une rencontre avec le déclarant responsable de nos écoles, nous disons le comité de gestion de la Petite Ecole Protestante de Dieuppeul et de Wagane DIOUF, pour le cas d’espèce.

Or donc, la verticalité des informations entre les bureaux de toutes associations ou réseaux d’associations, vis-à-vis de leurs bases, c’est-à-dire, du sommet de la pyramide à son seuil, obéit à la loi de la réciprocité de l’exercice des prérogatives spécifiques qui régissent chaque entité ; ce qui est un principe standard de fonctionnement dans les méandres de la vie associative. Pour dire vrai, de la plus petite association de quartier jusqu’à l’Organisation Nations Unies. Cela aidant, en ce qui nous concerne, ledit protocole d’accord engendre notre désaccord quant au règlement de ce conflit. Autrement dit, n’engage point nos APE.

Rappelons-nous que dans l’’obligation de reconnaissance d’une école privée, le déclarant – responsable est astreint de présenter un relevé de compte attestant de pouvoir payer trois mois de salaire du personnel et de charges locatives si elles existent. Sous ce rapport, celui – la, par respect à cette conditionnalité, se doit, naturellement, d’appliquer cette alternative et se conformer aux règles de bonne gestion : paiement des salaires du personnel et des charges locatives à temps et versement des cotisations à l’IPRES, à la Caisse de sécurité sociale et tutti quanti.

Dans cette optique, le statut d’entreprise privée de l’école lui donne le droit de bénéficier de crédits vis-à-vis de sa banque dès lors que ses états financiers sont à jour. À fortiori, durant ce temps de COVID où l’État s’est impliqué dans cette procédure, en demandant aux banques de la place de faire preuve de facilitation auxdites entreprises au sujet de ce type opération. 

Toutefois, qui dit initiative privée, dit prise de risques, sitôt que son business soit florissant, l’entrepreneur n’hésite pas à user de ses bénéfices comme bon lui semble et dans la même veine, il n’en demeure pas moins qu’à contrario, la survenue d’un cas de force majeure, entrainant une baisse de revenus ne lui autorise point de faire porter le chapeau à des partenaires. Cela fait partie des risques encourus dès lors qu’il s’engage dans l’univers des affaires. Or, dans tout conflit, la table ronde demeure l’alternative de sagesse. L’attitude jusqu’au – boutiste n’augure jamais de gentleman – agreement entre deux parties en conflit. Pourquoi alors camper sur une position intransigeante d’ignorance de la tradition bien de chez nous du dialogue, pour ne pas dire du donner et du recevoir. 

Aussi, l’État, au-delà de sa traditionnelle et annuelle subvention à elles accordées – un milliard deux cents millions de francs – leur a attribuées la somme de trois nouveaux milliards, émanant des contribuables que nous sommes – citoyens de tout bord, chefs d’entreprise, enseignants, médecins, ingénieurs, ouvriers, plantons etc dont les parents d’élèves.   

Sous cet angle, ce deuxième appui de l’État serait-il pertinent à l’aune de la réclamation simultanée des trois mensualités ? Revenons tout de même à la centralité du problème de l’heure qu’est l’élève. Au moment où ce dernier est moralement et psychologiquement torturé du fait d’une cupidité sans limite de nombre de déclarants responsables n’ayant comme arguments que la couverture des charges salariales de leur personnel qu’ils tentent de faire porter indûment aux pauvres parents.

Au moment où, comme s’il ne détenait aucun droit qui lui permettrait d’affirmer sa personnalité dans ce calvaire qui lui est imposé.

Au moment où cette ouverture des classes à double vitesses, transgresse le principe de l’Education Pour Tous, une réalité dans notre pays, dévoyant des acquis importants dans l’amélioration de l’environnement scolaire. 

Au moment où les droits de l’enfant sont plus que jamais bafoués par d’impitoyables responsables d’école dont la pandémie vient de nous administrer la preuve de leur manque total d’intérêt, de sensibilité, et d’affection face au sort de l’enfant dont ses attributs sont, on ne peut plus clairement définis et protégés par les institutions internationales.

Au moment où le Ministre de l’Education nationale, comme ses représentations dans la nomenclature administrative, Inspections d’académie, inspection de l’Education et de la Formation, son directeur de la communication, et autres, entretiennent le dilatoire, et suivent le bras de fer, depuis le balcon, les bras croisés, chantonnant dans la triste symphonie du temps : NEGOCIER !!! Préférant laisser pourrir la situation au grand dam des pauvres innocents.  

Au moment où la mélancolie et la pression vécues par les parents, conjuguées à la consternation et à l’inquiétude grandissante chez les leurs, au firmament de l’évolution de cette crise entretenue.

Au moment où toutes les voies de recours autorisées par la loi sont explorées par les parents quitte à ester en justice ; par la saisie du juge des référés. 

Au moment où, d’aucuns parmi ces braves parents, se sont résignés, la mort dans l’âme, à signer l’engagement d’un moratoire de versement de ces mensualités, secoués par la pression familiale.

Nous sommes au regret de constater un manque notoire de volonté de résolution de cette soit – disante crise artificiellement entretenue pour faire mal aux parents d’élèves, derrière des enjeux bien clairs, à leurs yeux, quoique cela puisse coûter aux apprenants. Cette forfaiture d’un autre genre ne saurait nullement entamer la détermination des vaillants parents d’élèves plus que jamais debout pour défendre la cause de l’Éducation, au – delà de celle de la probité morale, et de l’engagement au respect du principe du droit à l’éducation du citoyen tel que défini par notre Constitution.

Notre désolation est d’autant plus grande quand on utilise les voies de recours académiques qui n’offrent rien de nouveau sinon la même procédure ou ritournelle n’entrevoyant aucune lueur d’espoir dans les méandres de ce si sombre espace scolaire privé qui, malheureusement, est en train d’écrire une triste page dans l’histoire de l’Éducation nationale.

Hélas ! Sûrs que nous sommes que les grands ministres de l’Education nationale qui ont fait l’histoire de ce secteur prépondérant de la vie de la Nation, d’ici et d’outre – tombe,  ne sont nullement fiers de la gestion de cette affaire dite des « trois mois de scolarité de COVID 19 », qui ne devait même pas constituer une idée de sujet d’actualité comme l’ont compris du reste certains déclarants responsables dont la lucidité, au-delà de leur Foi, ont confirmé leur désaccord eu égard à la réclamation indue de cet argent illicite, parce que ne représentant une quelconque rémunération d’un service effectué. Nombreux sont – ils à avoir déclaré l’exigence de paiement que du mois de mars dernier. C’est aussi cela, un des aspects du patriotisme ! 

À présent que toutes les institutions de la République aient été saisies, les ONG de défense des intérêts des enfants, des élèves, les partenaires sociaux, les juridictions, etc, nous osons espérer, que les pouvoirs publics – mieux vaut tard que jamais -, s’immisceront dans ce méli – mélo immérité par le secteur éducatif, car trop sérieux pour être laissé aux partenaires devenus adversaires dans cette atmosphère où, le pourrissement de la situation semble être l’option de l’autorité. Les interventions médiatisées du ministre de l’Éducation nationale et de son directeur de la communication en sont une preuve formelle.

 Félicitations aux parents d’élèves du groupe scolaire Dior des Parcelles assainies, de la Petite école protestante de Dieuppeul et de Wagane DIOUF ! 

             Vivement que les autorités religieuses de ce pays ses saisissent de cette question !

             Vivement que les appels à la mobilisation des parents d’élèves soient entendus !

Vivement que la mobilisation des parents d’élèves de ce samedi 05 décembre 2020 au Rond – point JVC de la SICAP Liberté 6, initiée par SOS – CONSOMMATEURS, le CSYDEP, les syndicats d’enseignants, et autres partenaires sociaux, soit entendu et interprété à sa juste valeur par le ministre de tutelle, qui, encore une fois, est le ministre de l’école privée et de l’école publique sénégalaises.

Mame Abdoulaye TOUNKARA

Président de l’Association des Parents d’Élèves 

de la Petite Ecole Protestante de Dieuppeul




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