RECONFIGURATION DU PAYSAGE POLITIQUE : Quelle place pour Khalifa et Karim ?




Le dernier remaniement a créé un séisme dans le paysage politique avec une reconfiguration en cours. L’entrée de pontes de l’opposition a poussé chaque leader de parti ou de mouvement, de se positionner face à la nouvelle donne. Et, à ce propos, Khalifa Sall, le leader de Taxawu Dakar et Karim Wade, le successeur probable de son père à la tête du Parti démocratique sénégalais (Pds), ont leurs cartes à jouer.

En effet, le leader socialiste, élargi suite à une condamnation dans le cadre de la caisse d’avance de la Mairie de Dakar, investit le terrain, discrètement mais aussi efficacement.

Il ne veut surtout pas baisser les bras même si ses sorties médiatiques sont rares.

Dans un contexte de phase transitoire pour son ancien parti où le malaise s’installe de plus en plus dans les rangs d’un Ps qui se cherche, Khalifa pense justement qu’il a un rôle à jouer, celui de tenter de rassembler la grande famille socialiste.

Quant à Karim Wade, il est toujours au Qatar dans une situation d’ambigüité judiciaire et même politique. Son parti, tenu par son père et certainement pas lui aussi à distance, s’est distingué tout récemment par une sortie médiatique acerbe contre le nouveau compagnonnage entre Macky et Idy.  

Tous les deux ont la particularité d’avoir été et d’être encore des candidats potentiels à toute élection sérieuse dans ce pays du fait de leurs vécus mais aussi des appareils politiques qui les soutiennent.

Ce n’est pas pour rien que Macky avait justement manœuvré, serré, pour les écarter de la dernière présidentielle, celle de 2019, ils constituaient de sérieux obstacles qui pouvaient sinon le battre du moins le pousser à aller au second tout.

Eh bien, face à la reconfiguration actuelle du paysage politique, il est pertinent de se demander le rôle que ces leaders pourraient jouer face à un camp du pouvoir qui s’élargit de jour en jour ?

Faisons remarquer tout de suite, à ce propos, qu’ils ont malheureusement la particularité de voir peser sur leurs épaules, une incapacité juridique de s’inscrire sur les listes électorales et donc d’être éligibles.

Certes, les avocats de Karim ont fait savoir que les effets de la condamnation le concernant sont épuisés et qu’il retrouve ses droits civiques et civils, mais, du côté du régime en place, on peut ne pas l’entendre de cette oreille d’autant plus qu’il pèse sur lui l’obligation de verser plus d’une centaine de milliards au trésor public.

Idem pour Khalifa Sall qui est, lui aussi, sous la contrainte de ces restrictions qui l’empêchent, encore, de retrouver la plénitude de ses capacités juridiques.

Autant dire que leurs sorts sont malheureusement entre les mains de Macky, qui, au-delà d’être le Président de la République est aussi leur adversaire qui les avait mis, chacun, dans cet imbroglio.

Or, même si Karim pourrait être de retour en 2021, les ambitions politiques de Macky qui sont, en gros de rester pour un troisième mandat ou de mettre en scelle un candidat qu’il va soutenir, ne militent pas en faveur d’une quelconque amnistie en faveur de Karim Wade ou de Khalifa Sall.

Macky va encore utiliser cette faiblesse de  ces adversaires potentiels pour les pousser à se rapprocher de lui et de négocier. C’est en tout cas son souhait. Ainsi, il pourra leur faire accepter ses conditions qui sont de rallier la nouvelle majorité au pouvoir.

A eux d’accepter ou de rester dans une situation juridique précaire et politiquement inconfortable.

En clair, Macky ne va pas de sitôt desserrer l’étau autour de Khalifa Sall et de Karim Wade tant qu’il ne sera pas sûr que ses derniers et leurs appareils politiques lui seront favorables.

Ils peuvent refuser ce qu’il ne les empêchera pas d’exister politiquement, mais seulement par procuration quand qu’il s’agira de se présenter à des élections.

Or, ce n’est nullement le souhait de l’un ou de l’autre.

Assane Samb




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