MAUSOLEE DE CHEIKH IBRA FALL : Vive émotion sur fond de chants des «Baye Fall»




Aller à Touba sans visiter les mausolées est impensable pour un talibé. Une immersion dans la dernière demeure de Cheikh Ibrahima Fall ainsi que sa descendance permet de jauger la ferveur dans ces lieux. Ses disciples en grand nombre ont fait vaciller, par leurs chants, les plus sensibles.

La matinée est poussiéreuse à Touba, plus encore quand des milliers de talibés se déplacent et soulèvent davantage cette couche de pellicule qui obstrue vue et respiration ici devant ce qu’il est convenu d’appeler le passage obligé pour tout bond mouride, l’ancien  cimetière de Touba. A l’entrée, il faut jouer des coudes pour se frayer un bout de chemin et accéder à l’intérieur de cette vaste étendue où reposent des parents pour certains mais aussi des marabouts pour d’autres. Au seuil de cette grosse bâtisse, avec une énorme construction à cheval entre un minaret et une tente, les disciples de Cheikh Ibrahima Fall vous invitent à venir faire un tour dans ce lieu où il gît ainsi que toute sa descendance. La mise des « Baye Fall » (disciples de Cheikh Ibrahima Fall) est frugale et traduit cette soumission qu’avait leur référence Cheikh Ibra Fall pour Serigne Touba. Des nattes sur la tête, pratiquement en haillons noirs et blancs, le gourdin à portée de mains, de leur voix rauque, ils aiguillent et expliquent aux visiteurs les différents descendants de leurs guides qui sont enterrés ici et là. L’ambiance à l’intérieur est tout simplement féerique. Par dizaine, des « Baye Fall » s’agglutinent autour de la stèle ou repose leur référence, cet homme qui fut l’éternel compagnon et défenseur de Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur du Mouridisme. Les mots durs sortent de la bouche de chacun, on s’égosille à la volonté autour d’une seule expression « Lahilaha Ilalah ». Les cordes vocales se tendent, s’enraillent par moment pour certains mais personne ne veut lâcher prise; chacun veut donner le meilleur de lui-même. Une mélodie imposante s’élève de cet endroit fermé en emplit les moindre recoins jusque dans vos trippes. On ne peut s’empêcher d’immortaliser ces moments avec leur téléphone ou encore leur caméscope. D’autres craquent tout simplement, les larmes perlent sur leurs joues. Pape Samb est de ces talibés de Cheikh Ibrahima Fall typique. Le verbe est là, les cheveux touffus, la mise simple, lui qui vient de Richard Toll, trouve que sa présence en ces lieux est une bénédiction afin de rendre hommage à Cheikh Ibra Fall. Pour lui, le Magal a lui grâce à Cheikh Ibra Fall, car « ce dernier a exclusivement réservé sa vie à Bamba et à l’accomplissement de sa mission sur terre ». Et de poursuivre: « aujourd’hui tous ceux qui viennent au Magal doivent indubitablement faire un crochet au mausolée de Cheikh Ibrahima Fall afin de magnifier son œuvre. »




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