RELANCE DE L’ÉCONOMIE : Les sénégalais sont restés sur leur faim




L’exercice a été assez intéressant. Le Président Sall a réuni, hier, les différents pans de notre économie pour discuter de la relance de celle-ci dans un contexte post-covid.

L’ambiance était bonne, presque bon enfant avec un Macky relaxe et même taquin. Les participants étaient nombreux et chacun a pu, brièvement prendre la parole au nom de son secteur pour donner son avis sur ce qui a été fait et ce qui convient de l’être.

Macky qui a lui-même présidé les travaux et distribué le temps de parole, a répondu à chacun et tiré les conclusions de ses travaux.

Bien sûr, nous sommes restés sur notre faim comme les participants avaient aussi faim parce qu’ils n’ont pas déjeuné comme l’a souligné le Président avec humour.

Les deux secteurs qui ont bénéficié d’actions concrètes sont le tourisme et la presse. Là, il y aura jusqu’en 2021 des exonérations fiscales et d’autres appuis pour les accompagner parce que faisant partie des plus touchés par la Covid-19.

Bien sûr, s’agissant du décret d’application du code de la presse, aucune date n’a été donnée.

D’ailleurs, la faiblesse majeure de l’exercice, c’est que, justement, il a été une vaste démonstration des actions réalisées notamment dans le cadre du PUDC, du PUMA et d’autres projets-phares de l’ère Macky. Et les Directeurs généraux des sociétés nationales ont pour la plupart fait un étalage d’actions réalisées et d’actions à faire sans pour autant mettre l’accent sur les difficultés rencontrés ce qui aurait mieux aidé le Président Sall à corriger.

En dehors du Directeur de la BNDE qui a émis des souhaits du fait de dysfonctionnements notés dans sa banque, les DG ont versé pour la plupart dans l’autosatisfaction.

A les entendre, c’est que comme si tout marche sur des roulettes.

Une attitude qui rompt d’avec celle du Chef de l’Etat qui, durant sa conclusion, a beaucoup insisté sur les innovations qui, pour lui, sont les seules conditions pour que l’argent soit débloqué.

En clair, il souhaite beaucoup plus d’audace de la part de ses collaborateurs et surtout l’esprit d’initiative.

Malheureusement, avec la manière dont tout le système administratif et d’Etat fonctionne, ce n’est pas demain la veille. Les hauts responsables n’ont pas toujours de marge de manœuvre et rechignent à prendre des initiatives pour ne pas décevoir.

Qui plus est, le discours du Président est souvent changeant. Avant, c’était le fast track. Maintenant, il parle de ‘’calme et d’humilité’’ ce qui rompt d’avec le fast track.
En tout état de cause, nous sommes de ceux qui croient que ces rencontres sont à multiplier notamment avec tous les secteurs d’activité de notre économie et de notre tissu social.

La concertation est fondamentale et il faut écouter tout le monde. Mais, pour qu’elles soient vraiment productives et constructives, il faudrait libérer la parole. Les Dg et autres responsables doivent avoir la liberté de dire ce qu’ils pensent vraiment et de mettre l’accent sur ce qui ne va pas.

Malheureusement, ça n’a pas été le cas hier. Conséquence, le Président donnait l’impression d’être un professeur face à des étudiants et de dire ses vérités sans vraiment rien apprendre de ce qu’il a entendu.

On avait l’impression qu’il a plutôt voulu exposer son bilan économique et dégager des perspectives d’action dans le cadre de ce PAP 2.

Notre sentiment est qu’il s’agissait, comme les tournées économiques, d’une opération de communication destinée à l’opinion nationale mais également aux bailleurs de fonds pour mettre l’accent sur les efforts faits et sur les projets futurs.

Il a certes mis l’accent sur l’agriculture notamment la nécessité de réussir une irrigation à hauteur de 40% par exemple, sur le foncier avec le développement de l’agrobusiness, sur la santé mais sans vraiment proposer de solutions concrètes.

Ainsi, nous osons espérer que Macky va prendre le temps de réécouter tous les participants dans le calme de son bureau et prendra note de certaines suggestions venant de certains secteurs.

Car, le sentiment qui se dégage est qu’il était beaucoup plus venu pour donner que pour recevoir.

Assane Samb




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