Lamine Diack n’ira pas en prison




L’ancien président de la Fédération internationale d’athlétisme, le Sénégalais Lamine Diack, a été condamné à quatre ans de prison, dont deux ans ferme.  Toutefois il reste en résidence surveillée. Quant à son fils Papa Massata Diack condamné à cinq ans de prison, il est traqué par la justice française qui a lancé un mandat d’arrêt international contre lui.

L’ancien président de la Fédération internationale d’athlétisme Lamine Diack a été condamné mercredi à quatre ans de prison dont deux avec sursis et 500.000 euros d’amende pour corruption par la justice française. Les juges ont reconnu Lamine Diack, 87 ans, coupable de corruption passive pour le versement de pots-de-vin par des athlètes russes et pour le financement des campagnes sénégalaises par la Russie. Il a aussi été reconnu coupable de corruption active pour le versement de pots-de-vin à d’autres responsables de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF), rebaptisée depuis Worlds Athletics.

Lamine Diack reste en résidence surveillée

Il appartient désormais à la Cour d’appel de Paris de confirmer, de réduire la peine prononcée à l’encontre de Lamine Diack ou de le relaxer. Mais Lamine Diack n’ira pas en prison mais il restera en résidence surveillée, en attendant le jugement qui sera rendu par cette cour. Lamine Diack est assigné à résidence à Paris depuis novembre 2015.

La peine contre Lamine Diack est à la hauteur de la « gravité des faits de corruption qui vous étaient reprochés », a lancé la présidente de la 32e chambre correctionnelle, Rose-Marie Hunault, qui a jugé qu’il avait « gravement porté atteinte à la lutte contre le dopage » et « violé les règles du jeu de la compétition sportive ».

Les quatre autres acteurs du procès ont tous été condamnés : l’ancien chef de l’antidopage à l’IAAF, Gabriel Dollé, a écopé de 2 ans avec sursis et 140 000 euros d’amende, tandis que l’avocat Habib Cissé, qui conseillait Lamine Diack, a été condamné à trois ans de prison dont deux avec sursis et 100 000 euros d’amende.

Deux responsables russes jugés par défaut, l’ancien président de la fédération nationale d’athlétisme Valentin Balakhnitchev et l’ancien entraîneur Alexeï Melnikov ont été condamnés respectivement à trois et deux ans de prison ferme, avec maintien du mandat d’arrêt à leur encontre.

Evoquant un jugement “injuste” et “inhumain”, les avocats de Lamine Diack ont annoncé leur intention de faire appel. « Il n’y en a pas un seul, parmi ceux qui travaillent avec Monsieur Diack, qui a été poursuivi dans le cadre du marketing. Cela est profondément injuste. Nous trouvons que cette justice a voulu faire de la morale et non pas du droit et c’est dangereux », a estimé Me Simon Ndiaye.

Les avocats de Lamine Diack avaient réclamé la relaxe, mais espéraient surtout que leur client évite la prison. Dans l’immédiat, Lamine Diack n’en a pas fini avec la justice française. Avec son fils, il est mis en cause dans une seconde enquête à Paris sur des soupçons de corruption dans l’attribution des JO de Rio-2016 et de Tokyo-2020. Lamine Diack sera bientôt entendu dans ce dossier.

Diack-fils : « Je ne suis pas Français »

En fuite au Sénégal, Papa Massata Diack a été reconnu coupable de complicité de corruption passive et condamné à cinq ans de prison assorti d’un mandat d’arrêt international ainsi qu’à une amende d’un million d’euros (environ 655 millions FCFA). En plus de cette peine, Massa Diack est interdit d’exercer pendant 10 ans. Les six prévenus ont par ailleurs été condamnés à verser collectivement 9,5 millions d’euros de dommages et intérêts à World Athletics pour le détournement de contrats de sponsoring.

Recherché par la justice française, il a refusé de se rendre en France. « Je ne suis pas Français et les faits dont il est question n’ont pas été commis en France », avait déclaré PMD.

Me Moussa Sarr : « C’est une condamnation injuste »

Me Moussa Sarr a réagi à la condamnation à la condamnation de son client, Pape Massata Diack. « Ses droits n’ont jamais été respectés. Ils ont été bafoués tout au long de la procédure.  C’est une condamnation injuste parce que les règles d’un procès équitable n’ont pas été respectées. On n’a pas permis à mon client de prendre part au procès afin de se défendre », a déclaré Me Moussa Sarr, non sans préciser qu’il va interjeter appel pour attaquer cette décision de la première instance.




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