MORT DU PRESIDENT MOUSSA TRAORÉ : QUE RETIENDRA L’HISTOIRE ?




L’ancien président malien, le général Moussa Traoré est décédé hier, mardi 15 septembre auprès de sa famille à Bamako. De son règne, il instaura un régime dictatorial. Cela, après été chassé du pouvoir, il lui fallut une condamnation à mort avant d’être gracié en 2002 par l’ancien président Alpha Oumar Konaré. Pourtant jusqu’à son dernier souffle, l’ex-président était toujours consulté et écouté au Mali. Quelques événements phares de son vivant !

Moussa Traoré, l’ancien chef de l’État malien, a rendu l’âme à la mi-journée d’hier, à Bamako à l’âge de 83 ans. Homme de pouvoir, connu pour sa politique autoritaire, il dirigea les rênes du Mali pendant 23 ans.

En effet, le Président Traoré, avait pris le pouvoir par le biais d’un coup d’Etat. Moussa Traoré avait fait irruption sur le devant de la scène politique malienne en novembre 1968, et renversa le gouvernement de Modibo Keïta. Ainsi, il gouverna le pays depuis cette date jusqu’en 1991, date à laquelle il sera à son tour chassé du pouvoir.

19 novembre 1968 : coup d’État contre le président Modibo Keïta

Profitant du soulèvement populaire qui grandissait à l’égard de Modibo Keïta, un groupe de jeunes officiers, dont le lieutenant Moussa Traoré s’organisèrent et renversèrent le « père de l’indépendance » malienne, Modibo Keïta, le 19 novembre 1968. De là, les putschistes mirent en place un Comité militaire de libération nationale (CMLN) dont il fut nommé le président. Ce comité abolit la Constitution et instaura un régime d’exception dont le CMLN fut l’organe suprême.

19 septembre 1969 : Moussa Traoré devint président de la République du Mali

C’est à cette date que le leader du CMLN, Moussa Traoré devint président de la République. Ainsi, il évinça au passage le capitaine Yoro Diakité, autre putschiste devenu son rival qui occupait jusque-là la fonction de Premier ministre. Accusé de tentative de coup d’État en 1971, Diakité fut arrêté et condamné aux travaux forcés à vie avant de mourir de mauvais traitement en détention à Taoudeni, dans le nord-ouest du pays, en 1973.

2 juin 1974 : adoption de la Constitution instaurant la seconde République

2 juin 1974, le Mali de Moussa Traoré adopta une nouvelle Constitution, adoptée par référendum avec le score stalinien de 99 % des voix. Cette constitution conduisit à la seconde République, et dota le pays d’un parti unique, d’une Assemblée nationale et d’un président élu au suffrage universel pour cinq ans.

30 mars 1976 : création de l’UDPM, le parti unique

Deux ans après l’adoption de la nouvelle Constitution, le Pr Moussa Traoré fonda son parti unique : l’Union démocratique du peuple malien (UDPM), avec lequel il exerça l’image de son régime militaire et dictatorial. Ce parti sera le seul autorisé jusqu’à la fin de son régime. Par la suite, à cause des nombreuses arrestations,  opposants protestèrent. C’est ainsi qu’il fut renversé en 1991 par une insurrection qui se finit par aboutir à son un coup d’État militaire.

Le 26 mars 1991 : Un coup d’Etat renversant Moussa Traoré

Le 22 mars 1991, une manifestation à Bamako composée de milliers d’étudiants est réprimée par les armes de Moussa  Traoré, faisant une centaine de morts. Le 26 mars 1991, un coup d’État militaire mené par le lieutenant colonel Amadou Toumani Touré renversa Moussa Traoré.

En 2002 : il sera gracié

Après être déchu, il sera poursuivi en justice et finalement condamné à mort à deux reprises avant d’être gracié en 2002 par l’ancien président malien Alpha Oumar Konaré. Moussa Traoré va assister à la chute de deux présidents élus renversés par deux coups d’État. Son domicile recevait de la visite, surtout des politiques venus prendre conseil. D’ailleurs la junte malienne qui a renversé le Pr IBK, lui a rendu visite dés sa prise du pouvoir. « Ce sont mes fils et je n’ai jamais désespéré de mon pays », avait-il déclaré.




Be the first to comment

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*