Notre école a tué le goût de l’émotion




Le professeur Joseph ki-zerbo a raison de titrer dans un de ses tous derniers ouvrages : «éduquer ou périr.»

Déclaration percutante, pertinente, agressive intellectuellement et très significative pour notre Afrique.

Le professeur Ki-Zerbo a tout à fait raison de noter, nous le citons : « l’Afrique existe, c’est vrai mais il est rare de la rencontrer ».

 Nous avons cité joseph Ki-zerbo, et nous ajoutons lorsqu’on rencontre notre Afrique, c’est surtout des retours d’images caricaturales faites de drames, d’hommes d’Etats, de pittoresques de cultures archaïques surannées. Pourquoi ?

Parce que nous nous comportons comme de grands enfants devant le monde scientifique.

Comme des fourmis rampantes qui ne voient pas loin au bout de leur nez. Parce que notre école africaine ne crée pas des émotions, des lumières vives qui doivent briller et projeter nos âmes dans les courants de l’histoire.

 Notre école coupée de ses racines passent sous silence notre méthode physique africaine, spirituelle qui est faite de maitrise de nos sens qui sont l’ouïe, la vue, l’odorat, le toucher, le goût lesquels nous ont permis, par le passé, une parfaite connaissance de la nature, en mettant beaucoup plus l’accent sur la répétition de ce que les autres, les blancs, en particulier aux fins de grandioses, en faisant l’impasse les ingénieuses réalisations de nos peuples dans l’histoire.

Notre école a tué dans un silence collectif coupable entretenu par des systèmes et hommes d’Etats défaillants le goût de l’émotion.

Ce goût d’émotion découle de la découverte de  soi, de ce que l’on a été, ce que l’on est aujourd’hui et de ce que l’on doit être demain.

Notre école devrait être le point de départ à une émotion commune collective.

Celle-ci recréée, conduira immanquablement au goût du risque de la recherche qui nous fait cruellement défaut.

C’est à ce niveau qu’on attend notre école qui doit nous sortir des méandres de rêveries passives pour susciter la grande émotion salutaire.

EL HADJI AMADOU FALL




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