INONDATIONS : La banlieue a encore les pieds dans l’eau




Le soleil avait encore du mal à se lever dans la banlieue après un week-end pluvieux. Il a plu sans discontinuer. L’eau est montée, envahissant les rues et les maisons. 72 heures après les fortes pluies, les habitants vivent toujours les pieds dans l’eau. De nombreuses artères sont jusque là impraticables. Debout, devant la porte de la maison familiale sise à Pikine Tally Boumack, Ibou Barro salue une voisine qui, la jupe relevée jusqu’à mi-cuisses, patauge dans l’eau qui a inondé les rues du quartier. Certaines zones se sont retrouvées complètement isolés, « comme au milieu d’une mare », explique un chauffeur de taxi. Un mécano qui devrait aller au travail, n’a pas pu sortir sa voiture de sa maison. « J’étais entouré d’eau », raconte-t-il. Obligé de quitter le quartier à pied, il a pris un taxi pour pouvoir vaguer à ses préoccupations. Les automobilistes ont été obligés de faire demi-tour au milieu de flaques géantes, comme dans une chorégraphie savamment orchestrée, avant que des camions-citernes n’arrivent pour pomper l’eau dans différents secteurs dans le cœur de la banlieue où l’eau stagne toujours. Difficile à vivre pour les riverains. Pour protéger leurs biens, certains habitants ont monté des murets devant leurs portes. D’autres ont placé leurs meubles sur des bâches, sur les balcons. Et dans les rues, la saleté s’accumule.

Un record depuis 2005

Depuis 2005, Pape Ngom n’avait jamais vu autant de pluies se déverser sur la banlieue. Près de 40 mm d’eau sont tombés dans ses plantations de légumes situées à Asecna, une banlieue de Dakar, située dans la commune de Yeumbeul Nord au quartier de Darou Rahmane 2. « Je suis inquiet car ces eaux stagnantes peuvent provoquer dans les jours qui viennent des maladies fongiques et bactériennes sur les plantes ». témoigne-t-il. Et si un boutiquier espère pouvoir limiter les dégâts, chez beaucoup d’autres le mal est déjà fait. Comme chez Cheikh Tidiane Sy, éleveur de poules qui a perdu des poussins, et du même coup tout le bénéfice de sa production. Le jeune entrepreneur déplore que seuls les plus chanceux aient pu se réfugier au sommet du poulailler quand les plus faibles se sont noyés.

Certains sinistrés soient réticents à l’idée de quitter leurs biens et le peu de confort qui leur reste. Face à cette situation devenue invivable, beaucoup d’habitants de Médina Gounass ne demandent qu’à partir. « Je veux sortir d’ici. J’irai même dans les camps», déclare sans hésitation un habitant du quartier Gounass, Daouda Sakho alors qu’il écope l’eau qui a envahi sa chambre, et dont le niveau menace d’atteindre son lit, posé sur des briques.

Depuis samedi dernier, l’Etat sénégalais a remis en place le plan Orsec pour secourir les communautés sinistrées.




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