Cinéma : Djibril Diop Mambéty, l’archange des petites gens




HOMMAGE. Disparu il y a 22 ans, le grand cinéaste sénégalais nimbe toujours l’horizon du 7e art de ses effluves. Retour sur un parcours hors du commun.

 

« La mort anéantit la chair, mais pas les bonnes œuvres », chantent les griots, ces conteurs, « historiens » et troubadours bien de chez nous. Sans conteste, Djibril Diop Mambéty est de la race des plus illustres ; ceux sur qui les vertus corrosives du temps n’ont point d’effets, si ce n’est qu’en vieillissant il bonifie le génie créatif, amplifie l’aura, encense la geste et adoucit les contours sans en alterner la substance. Mambéty, c’était l’artiste alpha !

Dans un article aux allures d’éloge funèbre, son ami, le réalisateur congolais Balufu Baluka Kanyinka concluait : « Djibril Diop Mambéty est une œuvre. Une œuvre universelle et immortelle. » À sa suite, je me permettrais bien d’ajouter ceci : la figure de Mambéty est celle d’un démiurge atemporel. Et de ce point de vue, il ne peut mourir, et ne mourra jamais. Il est, à tout jamais, au panthéon, « dans l’ombre qui s’éclaire », pour reprendre aux mots un autre célèbre Ndiobène (le clan des Diop), le poète-vétérinaire Birago Diop.

Autodidacte précoce, rien ou presque de son environnement familial ne prédestinait le jeune Djibril à une carrière aussi fulgurante, d’abord comme comédien, ensuite metteur en scène et enfin réalisateur.




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