CHEIKH OMAR SY, ANCIEN DEPUTE : « On a l’impression de n’avoir que 6 à 7 Ministres dans ce Gouvernement»




Ancien député à l’Assemblée nationale, Cheikh Omar Sy a été, ce week-end, l’invité du Grand Oral. Devant les journalistes Fatou Thiam Ngom et Assane Samb sur les ondes de la 97.5 Rewmi FM, il est revenu longuement sur l’affaire des gazelles oryx, la sortie de Cissé, entre autres.

Histoire de transfère de gazelle. C’est quoi la vérité dans cette affaire ?

C’est une convention qui régit le transfert des animaux en espèce de disparition. Vous savez, il y a spécialement au Sénégal  deux espèces… Les gazelles oryx, la première, sont en voie de disparition et aujourd’hui constituent un des meilleurs succès que le Sénégal a entrepris parce que se sont des gazelles qui ont été offerts par Israël à l’Etat. Donc, dans ce contexte là, ils ont bien été suivis, leur mode de reproduction, leur cadre de vie, leur environnement, leur  habitat pour veiller à ce que ces gazelles soient dans les meilleures conditions pour leur mode de reproduction. Vous avez aussi l’élandedarbi. Vous le retrouvez aussi à Bandia et principalement à Niokolokoba. C’est une espèce qui est aussi très surveillée parce qu’elle est aussi en voie de disparition et nous avons un succès dans ce cadre-là, de leur reproduction vivant dans un habitat favorable à leur condition.

Maintenant quelle a été la raison pour que le ministre puisse, de son propre gré, transférer des gazelles dans sa réserve privée ? Est-ce que c’est normal ou pas ? Pourquoi les parcs nationaux ont accepté de le faire ?

 

Ce sont des questions qui sont sur la table. D’abord parce qu’il a utilisé un bien public qu’il a transféré vers un bien privé. Il est le ministre de l’Environnement chargé de préserver l’environnement, et deux gazelles qui ont un coût entre à 50 à 70 millions et deux  sont décédés lors de ce transfert là. Est-ce que les conditions ont été réunies lors de ce transfert là ? Est-ce que les gazelles n’ont pas été stressées au moment du transfert ? Il faut aussi que le ministre  de l’Environnement mette à la disposition du public les cahiers de charges de la transmission de ces gazelles. Parce que d’un autre côté, on est en train de dire que le transfert des gazelles ne ce n’était pas limité à 6 mais à 18 dont 6 sont allées à la réserve de Coly Alpha, 6 que lui-même à  pris et deux ont été décèdes et les autres 6 ont été partagées entre amis. Il y a un autre ministre qui est concerné dans ce transfert et qui a reçu 3. Est-ce vrai où non ? Il faut qu’on recroit le cahier de charges du transfert. Que le Directeur des parcs nationaux doit aussi répondre à ces questions parce que c’est lui qui gère tout. Et c’est extrêmement grave parce que la communauté internationale qui s’occupe de la disparition de la préservation de ses espèces là, va se poser des questions pour savoir comment un ministre qui gère le bien public peut se permettre de prendre ces biens ? C’est comme un ministre qui prend une somme de 300 millions dans les caisses de l’Etat. C’est un conflit d’intérêt. C’est comme s’il prenait les meubles qui sont dans son bureau et les ramène dans sa maison. Ça n’a pas de sens. Et également, il est le ministre de l’Environnement, il ne peut pas dire que je suis droit dans mes bottes et que je n’ai rien fait quand tout le monde lui dit qu’il a fait quelque chose d’extrêmement grave et d’irrégulier, c’est-à-dire qu’il  faut qu’on soit conscient que ces ministres-là, ne sont là pour depuis 2012. Et comment un ministre peut-il se targuer d’avoir une réserve alors il ne l’avait pas avant d’avoir son poste. Est-ce qu’on est dans une administration publique ou privée ? C’est ça la question. Est-ce que c’est une ferme ou c’est une réserve dont il a la charge ? Parce qu’une réserve,  quand même, c’est assez grand. Ce n’est pas deux hectares ou 3 hectares, ça doit être grand. Une réserve, c’est un habitat assez large. Allez voir Bandia, c’est une grande réserve. Donc où le ministre détient cette réserve là ? Qu’il l’avait avant qu’il ne soit ministre ou après qu’il soit ministre. Il y a lieu de se poser des questions et d’enquêter sur ça. Parce que si les ministres se permettent d’avoir des réserves quand même, on se demande où se trouve l’Etat. Je pense qu’on a plus un Etat. Donc ce sont des questions sur lesquelles il faut que le gouvernement du Sénégal apporte ses réponses aujourd’hui. Est-ce qu’il est le seul ministre aujourd’hui qui détient des réserves ou chacun des ministres en a ? C’est une problématique. Et je pense qu’au moment ou nous discutions des problèmes fonciers, il est important aussi que cette question soit éclaircie parce qu’on ne peut se voir des ministres se targuer d’avoir des réserves. C’est extrêmement grave pour le pays(…).

Comment appréciez-vous la sortie de Cissé Lô ?

Je suis ancien parlementaire même si je ne le suis plus. Mais malheureusement, on a vu l’Assemblée Nationale s’intéresser à des questions politiques. Sur la question de Moustapha Cissé Lô, il y a eu un tollé général en moins de 24 heures. L’Assemblée Nationale s’est mis à  en branle, l’a exclu, a fait des communiqués. Mais quand même tout le monde est choqué par les paroles de Moustapha Cissé Lô qui n’est pas une question de bonne gouvernance et qui est une question d’attitude d’une personne par rapport à un comportement que nous déplorons,  d’une personne qui occupe un poste public à savoir être député à l’Assemblée Nationale. Mais dans le fond, il a posé des questions de bonne gouvernance. Que ce soit sur le TER, sur le Building Administratif, la gestion des semences et tout ça, ce sont des questions de bonne gouvernance au-delà là de sa propre personne. Aujourd’hui, la question que vous posez, elle est importante et c’est à l’Assemblée de se saisir de ce dossier et  d’interpeller le ministre de l’Environnement  pour savoir qu’est-ce qui s’est réellement passé et aussi de convoquer le Directeur des parcs nationaux, de lui demander exactement le transfert, comment il s’est fait ? Ce sont les prérogatives de l’Assemblée Nationale. Vous savez, notre douzième législature on disait qu’elle était la plus  nulle donc celle là, comment on va la traiter parce que jusqu’à présent, je ne vois pas des députés aller sur le terrain comme nous on le faisait lors de la douzième législature ? Et il est important que les députés descendent sur le terrain, qu’ils rencontrent les populations, qu’ils prennent les problématiques et qu’ils les amènent à l’Assemblée Nationale (…). Et puis, la manière dont il en a parlé, dire que c’est pour aider l’Etat… Vous êtes l’Etat et vous dites que vous aidez l’Etat. C’est-à-dire que vous en tant qu’Etat vous dites que vous allez aider l’Etat en prenant les biens de l’Etat pour les mettre dans votre domaine privé en tant que ministre. Il y a le cas Cissé Lo mais aussi il y a cas  du ministre de l’Environnement qu’on doit étudier parce que vraiment il y a une légèreté dans cette affaire.

Dans ce cas, est-ce que vous comprenez un peu le silence de la hiérarchie, notamment le Président de la République  sur ces questions-là ? Parce que le ministre dit qu’il n’a pas été ébranlé mais quand même c’est une question préoccupante parce qu’il y a un conflit d’intérêt qui est là.

Le Président de la République à intérêt à réagir dans ce dossier mais il a intérêt aussi à réagir dans d’autres dossiers. De la même manière qu’il a mis en branle l’Assemblée Nationale et son parti politique pour exclure Cissé Lo, de la même manière, il doit prendre son bâton et remettre son équipe à pas de charge pour les dire que vous êtes en train de gérer un bien public. Et ça c’est important que tous les sénégalais l’entendent sur ce point-là. Ce ne sont pas des déclarations qu’ils veulent, mais des actes qu’il faut poser pour les montrer qu’il est sérieux dans la gestion de nos biens et avant qu’il  quitte en 2024. Il pourra mettre de l’ordre… Donc, le Président doit sanctionner, mais au-delà de ça, il faut qu’il remanie ce gouvernement là parce que les résultats qu’il veut, il ne pourra pas les obtenir avec ce groupe-là. Ça ne bouge pas et tous les sénégalais savent que ça ne bouge pas. On a l’impression qu’on a 6 ou 7 ministre qui fonctionnent dans ce gouvernement et tous les autres se sont terrés. Cela veut dire qu’on est en train de jeter l’argent du contribuable à la fenêtre avec ses ministres. On ne les entend sur aucun dossier, ils ne parlent même pas. Donc, si on est réellement dans une période économique qui peine, on doit  alors supprimer certaines institutions et réduire certains salaires et le Président de la République doit mettre immédiatement un gouvernement d’Urgence poste Covid-19 qui prend en charge immédiatement les problématiques qui nous impactent parce que ce n’est pas du jour au lendemain qu’on va sortir de cette situation. Quand je dis un gouvernement d’Urgence, c’est un gouvernement réduit avec un cahier de charge précis, avec  des objectifs clairs. Où est-ce qu’on va mettre cet argent pour que les sénégalais survivent à cette période? Je pense que la priorité des priorités, c’est l’agriculture. Regardez ces masses d’étudiants et d’élèves qui sont aujourd’hui dans la rue et qui n’apprennent pas. Est-ce qu’ils ne peuvent pas être productifs dans l’agriculture ? Est-ce qu’on ne peut pas aménager des terres pendant ces trois mois-là pour qu’ils commencent à les former  et s’ils sortent de là, on va commencer à leur donner des certificats qu’ils pourraient utiliser à l’université pour la période où ils n’y étaient pas afin de justifier leurs notes ? L’agriculture est le secteur porteur aujourd’hui parce que d’abord réglons la question de la sécurité alimentaire. Au moins, mangeons à notre faim pour ne pas tomber dans la famine.

Il faut qu’on règle les problèmes de survie, le temps qu’on sorte de cette pandémie-là.

Alors qu’est-ce que la législation prévoit concernant la protection des animaux, de l’environnement d’une manière générale ?

Vous savez dans la convention (en la matière), il est clairement défini et réglementer tout ce qui touche aux espèces en voie de disparition. Le transfert, leur habitat, toute leur sécurité, leur reproduction, les équipes qui doivent les suivre aux quotidiens pour s’assurer, le comptage. Il y a tout une série de choses qui sont complètement prises en charges dans le cadre de ces espèces. Maintenant cela n’à rien voir avec le code de l’environnement qui prend en charge des choses plus globales, plus  importantes liées à l’exploitation des ressources naturelles




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