MAMADOU KASSE : « La Sicap va dépasser les limites de Dakar pour  attaquer le niveau national »




Le Directeur général de la Sicap, M. Mamadou Kassé a accordé un entretien exclusif au groupe Rewmi. Lors de ce face à face avec les journalistes, il a été interpellé sur l’actualité du moment notamment le foncier, les impacts de la propagation de la Covid-19 sur leur travail. Au cours de l’entretien M Kassé a aussi évoqué la politique mise en œuvre par le président de la République pour satisfaire la forte demande liée à l’habitat social.

 

Présentez-vous à nos lecteurs ?

Mamadou KASSE, je suis Urbaniste Aménagiste et actuel Directeur Général de la SICAP SA

  1. Kassé vous avez dirigé la Sn Hlm avant d’être nommé à la tête de la SICAP SA. Pourquoi ce changement ?

Les motivations de ce changement de la tête d’une structure publique à une autre sont à chercher dans l’esprit de celui qui a la prérogative de nommer aux emplois civils et militaires, le Président Macky SALL qui, après ma mission plus de trois années à la tête de la SN HLM, m’a fait l’honneur de me nommer en qualité de Directeur Général de la très prestigieuse SICAP SA.

Le Président de la République, Macky Sall, a mis beaucoup de moyens dans l’habitat depuis qu’il est à la tête de ce pays. Quel est l’apport de la SICAP SA dans la politique mise en œuvre par le chef de l’Etat ?

Je confirme que l’habitat a toujours été au rang des priorités du Chef de l’Etat qui l’a inscrit au cœur de son action. J’en veux pour preuve tous les grands projets dans le domaine qui ont été impulsés depuis son accession à la magistrature suprême et qui traduisent la vision et l’ambition déclinées dans le Plan Sénégal Emergent. Cela consiste essentiellement en la résorption du gap en unités résidentielles dans le cadre de la construction de villes vertes et résilientes. Aujourd’hui, le Programme national Zéro Bidonville avec sa composante de construction de 100 000 logements sociaux est la plus grande ambition en matière d’urbanisme et d’habitat depuis notre indépendance. Notre apport sera déterminant parce que la SICAP SA est un instrument technique de la politique d’habitat et d’urbanisme du Gouvernement. En effet, la SICAP SA, forte de son expérience de 70 ans dans le secteur de l’immobilier, jouera naturellement sa partition de promoteur pionnier et leader. Dans ce cadre, elle compte verser au moins 10 000 logements dans la cadre de ce programme.

Où en êtes-vous  avec  le programme Zéro Bidonville ?

En réalité  le projet zéro bidonville se déroule  et les 100.000 logements  en sont une composante. C’est dans cette  composante que nous avons  eu à dérouler le programme.  La Sicap compte participer à ce projet.

 

Quelle stratégie avez-vous mis sur pied pour mener à bon port votre mission ?

La SICAP SA vient de valider son Plan stratégique de Développement (PSD) 2020-2024 avec un chapelet de projets à dérouler dans les quatorze régions du Sénégal. La spécificité  aujourd’hui avec la Sicap, nous allons dépasser les limites de la région de Dakar pour  attaquer le niveau national. C’est ça qui est la plus grande innovation   dans le PSD. C’est une stratégie  classique  qui s’appuie sur les trois  volets  notamment la stratégie  dans  le cadre du  financement,  une stratégie dans la mobilisation du foncier  mais aussi une stratégie pour s’adapter à  la fiscalité et aux programmes publics décliné par le chef de l’Etat . Je compte mobiliser les bonnes ressources humaines de la SICAP SA, son label et sa signature pour non seulement la réinscrire dans ses missions classiques d’accompagnement des primo accédants à la propriété mais aussi, dans la rénovation des quartiers qu’elle a construit en mettant en avant la préservation des cadres de vie idéaux qui ont été créés.

 

Vous avez parlé  du foncier  et ça fait débat aujourd’hui. Est-ce que  vous n’êtes pas  confronté à ce  problème au niveau de la Sicap ?

En partie, je dirai. Vous savez le foncier est la matière première du promoteur immobilier. Sans foncier, nous on n’a pas de travail. Il y a deux manières d’acquérir le foncier. Nous avons du foncier que nous détenons de l’Etat  dans le cadre  des politiques du logement.  Nous pouvons  appliquer  des prix parce que nous avons un foncier gratuit  après la décomposition dans la fixation du prix de revient. Il y a dans la volonté du gouvernement,  un objectif de faire baisser  le coût de revient en tant que tel. Il y a  aussi le foncier que nous mobilisons.

 

Comment comptez-vous accompagner l’Etat du Sénégal pour satisfaire la forte demande liée à l’habitat social ? 

C’est simple,  c’est à  dire en construisant davantage de cités et parachever nos programmes de Keur Massar, Lac Rose, Diass, Liberté 3 ainsi que tous les autres projets à travers le territoire national.

On note également la présence du privé dans le secteur de l’habitat. Comment gérez-vous cette concurrence si on peut l’appeler ainsi ?  

La structuration de  la demande est telle qu’aujourd’hui, si on analyse  au regard  de la présence des promoteurs immobiliers  publics et privés et leur offre, on ne peut pas parler de concurrence.  J’ai l’habitude de dire que la demande dans notre secteur est si importante et si hétérogène que tous les acteurs, ensemble, n’arrivent pas à la satisfaire entièrement et dans tous ses segments. Dans notre présence massive en tant qu’acteur je ne retiens que la complémentarité que le Ministère essaye d’organiser dans le cadre des programmes publics par une combinaison de l’état de la demande et de la qualité de l’offre attendue des promoteurs.

 Le monde traverse une crise sanitaire depuis plus de 4 mois maintenant. La Covid-19 a-t-elle impacté votre travail ?

Avec la COVID 19, à l’échelle mondiale, toutes les certitudes ont été remises en question et cela, tous secteurs confondus. L’immobilier n’a pas été en reste. Notre secteur a été bel et bien été impacté sévèrement avec des difficultés dans la mobilisation des effectifs dans les chantiers ainsi qu’un ralentissement dans la mobilisation financière tant au niveau des institutions financières que dans le recouvrement des sommes dues par les clients. Bien entendu, la conséquence principale sera le retard dans les livraisons prochaines même si, depuis quelques semaines, nous œuvrons dans le sens de rattraper le temps perdu. Aujourd’hui, dans tous nos chantiers, nous avons un plan d’accélération de la cadence et de rattrapage du temps perdu.

Cette année, la SICAP SA fête ses 70 ans. Avez-vous un mot à dire ou un bilan à faire par rapport à cela ?

La SICAP SA est un patrimoine national du Sénégal. Elle entame un tournant décisif après avoir capitalisé plusieurs années de politiques publiques, vu passer plusieurs Directeurs généraux et plusieurs employés au service d’une noble cause notamment la facilitation de l’accession à la propriété de plusieurs citoyens sénégalais. Toute cette énergie mobilisée dans le temps s’est traduite par des réalisations impressionnantes et des perspectives exceptionnelles. La SICAP, au-delà d’être la société pionnière dans son domaine, compte rester leader et asseoir sa politique-qualité en s’inscrivant dans l’optique de conserver sa certification Iso 9001 version 2015.




Be the first to comment

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*