Procès en destitution: la défense de Trump tente de parer les révélations de Bolton




Les avocats de Donald Trump ont tenté lundi de reprendre l’offensive après les révélations explosives d’un ancien conseiller de la Maison Blanche qui ont fragilisé la défense du président américain dans son procès en destitution devant le Sénat.

Procès en destitution de Trump

Ils se sont aussi lancés dans une attaque en règle contre l’ancien vice-président démocrate Joe Biden, un possible rival à l’élection présidentielle du 3 novembre.

Le milliardaire républicain fait l’objet de cette procédure historique pour avoir demandé à l’Ukraine d’enquêter sur Joe Biden et sur les affaires de son fils Hunter dans ce pays gangrené par la corruption.

Majoritaires à la Chambre des représentants, les démocrates l’ont mis en accusation pour « abus de pouvoir » et « entrave au travail du Congrès » le 18 décembre sans aucune voix républicaine.

Donald Trump et John Bolton, qui était alors son conseiller à la sécurité nationale, le 13 mai 2019 à Washington

Ils estiment que le président a essayé de « salir » son adversaire potentiel pour faciliter sa réélection et qu’il a utilisé les moyens de l’Etat, notamment en gelant une aide militaire cruciale pour Kiev, pour parvenir à ses fins.

Dans sa plaidoirie, la défense de Donald Trump a affirmé que la destitution était une « arme thermonucléaire » trop dangereuse pour s’appliquer en l’absence de « crime » au sens pénal du terme.

Les avocats du président Donald Trump, Alan Dershowitz et Pam Bondi, à Washington le 27 janvier 2020

– Arme politique –

« L’abus de pouvoir est une arme politique. Elle devrait être utilisée contre des adversaires politiques et laissons les électeurs en décider », a martelé le célèbre constitutionnaliste Alan Dershowitz, dernier à plaider lundi.

Dans un long exposé aux allures de cours magistral, il est allé plus loin que l’argument-phare de la Maison Blanche selon laquelle il n’y a pas eu de « pression » sur Kiev ou de « donnant-donnant ».

Une stratégie fragilisée par les révélations de l’ancien conseiller à la sécurité nationale John Bolton.

« Le « donnant-donnant » n’est pas un cas d’abus de pouvoir, cela fait partie de la politique étrangère conduite par les présidents depuis le début », a expliqué l’avocat devant les sénateurs.

« Rien dans les révélations de M. Bolton, même si elles sont vraies, pourrait être du niveau de l’abus de pouvoir et de la destitution », a-t-il martelé.

Le candidat démocrate à l'élection présidentielle de 2020 Joe Biden, à Cedar rapids (Iowa) le 27 janvier 2020

John Bolton affirme dans un livre à paraître prochainement que Donald Trump lui a confié en août ne pas vouloir débloquer l’aide militaire destinée à l’Ukraine sans enquête sur les Biden.

« Je n’ai JAMAIS dit » ça à John Bolton, a démenti l’hôte de la Maison Blanche, en accusant son ancien conseiller, limogé en septembre, de vouloir « vendre son livre ».

Les avocats de Donald Trump ont aussi tenté de démontrer qu’il était dans son droit en s’inquiétant d’une possible « corruption » des Biden en Ukraine.

L’ancienne procureure de Floride Pam Bondi a relevé qu’Hunter Biden avait gagné « des millions » de dollars en siégeant au conseil d’administration du groupe gazier ukrainien Burisma au moment où son père, alors vice-président de Barack Obama, était chargé de la politique américaine dans ce pays.

– « Théorie du complot » –

Hunter Biden n’aurait « probablement pas » été engagé par Burisma si son père n’avait pas été vice-président, a assené cette fervente supportrice de Donald Trump, en rappelant que plusieurs personnes s’étaient émues déjà à l’époque d’un « apparent conflit d’intérêt ».

Elle a également suggéré que M. Biden avait obtenu le limogeage du procureur général ukrainien alors chargé de la lutte anti-corruption, pour protéger l’employeur de son fils.




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