Communiqué de presse : Agir Ensemble : Pour les droits des enfants Maintenant !

Le consortium « Agir ensemble : Pour les droits des enfants Maintenant! » sollicite l’adoption accélérée d’un Code de l’Enfant complet et ambitieux 

Dakar, le 17 septembre 2019

En amont de l’Assemblée Générale des Nations Unies qui débutera à New York le 23 septembre et qui prévoit une manifestation commémorative pour marquer le 30ème anniversaire de l’adoption de la Convention relative aux droits de l’enfant, le consortium « Agir ensemble: Pour les droits des enfants Maintenant ! » salue les progrès enregistrés depuis 1989 au Sénégal en matière de droits de l’enfant et invite l’Etat à accélérer l’adoption d’un Code de l’enfant complet et ambitieux.

Trente ans après que les dirigeants du monde entier se sont engagés à protéger les droits de tous les enfants, des millions d’entre eux ne vont toujours pas à l’école, vivent dans la pauvreté, sont exploités, subissent des violences, font l’objet de mauvais traitements et de négligence. Un nouveau rapport, intitulé « Une deuxième révolution : 30 ans de droits de l’enfant et un projet inachevé », nous avertit qu’il est temps que la communauté mondiale tienne ses promesses faites en adoptant la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE). 

Les statistiques internationales nous indiquent clairement les défis à relever. Chaque année dans le monde, plus de 5 millions d’enfants meurent de causes évitables et près de la moitié de ces décès sont dus à la sous-nutrition. 15 millions d’adolescentes disent avoir subi des violences sexuelles et 64 millions d’enfants n’ont pas accès à une éducation primaire.

Produit par le consortium « Agir ensemble » (Joining Forces), qui réunit au Sénégal sept organisations œuvrant en faveur des enfants et deux membres associés, le rapport appelle à une nouvelle ère d’engagement pour les enfants. Les gouvernements doivent prendre des mesures ambitieuses en faveur des enfants qui continuent de vivre dans la souffrance, souvent victimes de discrimination et de violences.

La note d’orientation sur la situation des droits de l’enfant au Sénégal, qui accompagne le rapport, fait le bilan des progrès et défis enregistrés depuis 1989, sur la base de cinq droits fondamentaux, à savoir le droit à l’identité, le droit à la protection, le droit à l’éducation, le droit à la santé et le droit à la participation. 89 enfants âgés de 12 à 18 ans (dont 50 filles et 39 garçons) ont été consultés à travers une série de groupes de discussion organisés en janvier 2019 à Fatick, Louga, Ziguinchor, Kaolack et Dakar (Pikine). Parmi les conclusions de la note d’orientation :

  • L’enregistrement de l’enfant à la naissance est essentiel à l’exercice de ses droits fondamentaux. Malgré cette obligation légale, seuls 77% des enfants de moins de 5 ans au Sénégal sont enregistrés à l’état civil. 
  • Le droit à la santé demeure un défi car le taux de mortalité maternelle reste encore élevé (236 décès pour 100,000 naissances vivantes) avec des disparités persistantes entre le milieu urbain et le milieu rural. 
  • L’accès à l’éducation de base a été élargi ce qui renforce le droit à l’éducation. Le Taux Brut de Scolarisation (TBS) au primaire passe de 84,8% en 2014 à 87,3% en 2017 mais des efforts restent à faire pour assurer une meilleure qualité. 
  • Le droit à la participation est une obligation qui est sérieusement remise en question.  Les enfants vivent dans la plupart des régions du pays où, traditionnellement, du fait de leur statut, ils sont considérés comme n’ayant ni l’expérience, ni les connaissances ou la compréhension nécessaires pour être directement impliqués dans les décisions majeures qui influencent leur vie, et encore moins en assumer la responsabilité.

Dans ce contexte, les recommandations du consortium « Agir ensemble : Pour les droits des enfants Maintenant! » sont centrées sur la protection des enfants au Sénégal et visent trois questions primordiales : 

1. Le Code de l’Enfant doit devenir une priorité politique. Un texte complet et ambitieux doit être adopté au plus vite offrant des éléments de réponse à des problèmes urgents, comme par exemple, la mendicité des enfants talibés, le relèvement de l’âge du mariage des filles à 18 ans, la déclaration des naissances et la scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans. 

 2. Le Parlement des enfants doit être réactivé et son fonctionnement revu pour faire de la participation des enfants une réalité effective, permettant ainsi à tous les enfants de contribuer et de prendre une part active à la définition des politiques publiques et des décisions les concernant. 

3. L’Etat doit assurer une meilleure intégration de la protection de l’enfant dans les politiques publiques et plans sectoriels. Il doit aussi augmenter le financement disponible pour la protection de l’enfance pour permettre une meilleure mise en œuvre de la Stratégie Nationale pour la Protection de l’Enfant.

A propos du consortium « Agir ensemble: Pour les droits des enfants Maintenant! » (Joining Forces: Child Rights Now!)

En 2018 les six ONG internationales centrées sur l’enfance, à savoir ChildFund Alliance, Plan International, Save the Children International, SOS Villages d’Enfants, Terre des Hommes et World Vision, ont noué un partenariat au niveau mondial pour travailler ensemble, pour et avec les enfants, en vue de faire progresser l’agenda des droits de l’enfant dans le monde à l’horizon 2030. 

Au Sénégal, le consortium accueille également EDUCO, membre de la ChildFund Alliance, ainsi que la Coalition Nationale des Associations et ONG en faveur de l’Enfance (CONAFE Sénégal) et l’Association des Juristes Sénégalaises (AJS).

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