France: Une grève «massive» contre la réforme des retraites




La presse est unanime. Entre 800 000 et 1,5 million de manifestants dans tout le pays… « Inutile d’ergoter sur le grand écart des chiffrages, tranche le journal La Charente Libre, la mobilisation nationale contre le projet de réforme des retraites a été massive ».

Ouest France ? La mobilisation a été « massive ».

L’Humanité ? Les grèves ont été « massives ».

Le Courrier Picard ? Ce premier jour de mobilisation contre la réforme des retraites a été un « beau succès », le « coup de semonce » a porté.

La Croix ? La mobilisation a été « forte ».

Même Le Figaro en convient : la mobilisation a été « massive », admet ce journal.

« Ça part fort, lance Libération,le « gain » de la journée d’hier est aux syndicats. »

Oh, bien sûr, ça n’a pas été un « tsunami », mais la grève du 5 décembre 2019 restera « dans les annales », énonce Le Midi Libre, les syndicats ont « réussi leur coup ».

Voilà donc pour l’impression d’ensemble. La suite ? Les sujets de préoccupation divergent. Il y a d’abord les journaux qui font les comptes. Comme Le Figaro par exemple. Le quotidien conservateur, « en Une », s’inquiète déjà de la « facture » de cette réforme des retraites qui risque d’être « salée » en raison de ce que Le Figaro appelle les « lots de consolation » que le gouvernement a déjà commencé à distribuer « aux uns et aux autres » pour « déminer tous azimuts ».

Il y a ensuite ceux qui s’interrogent sur les leçons politiques à tirer de la journée de jeudi. Comme le journal La Croix qui remarque qu’au-delà des transports la grève touchait aussi la fonction publique, « en particulier l’enseignement », mais aussi le secteur de l’énergie et, dans les manifestations, on a noté « la présence de professions libérales ». Alors ? Alors le quotidien catholique se demande ce qu’il convient à présent de faire, et La Croix préconise un « pacte social sur les retraites ».

Ou encore comme Libération, qui souligne que certains manifestants « laissent de côté la réforme et ciblent Macron, ses discours, son style, sa politique, sa personne, comme si le procès intenté dès l’origine – le « président des riches » – n’en finissait pas d’être instruit ». Alors Libé met en garde contre « le risque de ce genre de situation quand elle se prolonge : aussi rationnel soit-il, le verbe gouvernemental devient inaudible ». Et sans attendre, ce journal agite « le spectre de 1995 ».

Faut-il tenir ? Céder ?

Cette année-là, en effet, les grèves, qui avaient duré près de trois semaines, avaient fait plier le gouvernement Juppé. « Droit dans ses bottes », Alain Juppé, Premier ministre d’alors, avait dû céder face aux manifestants descendus par millions dans les rues de France.

En sera-t-il de même en 2019 ? En tout cas, constate Les Échos, « le bras de fer s’installe ». Lequel quotidien économique prévient d’une nouvelle « journée noire » dans les transports aujourd’hui. En attendant les suivantes…

Et donc, souligne L’Est Républicain, pour l’exécutif, c’est « clair », il faut empêcher les mécontentements de se « coaguler », il faut barrer la route à la « fameuse » convergence des luttes, même si, selon ce quotidien de l’est de la France, il paraît illusoire d’essayer « d’éteindre un incendie avec un arrosoir ».

Alors que va faire le gouvernement ? Certes, cette grève fut un « succès », admet le journal L’Opinion, mais un succès « très relatif », et l’on connaît désormais le « rapport de forces », estime ce quotidien, en invitant le gouvernement à « tenir ».

En résumé, énonce le journal La Montagne, au regard de la forte mobilisation de ce 5 décembre, les organisations syndicales ont d’évidence « remporté le premier round » du bras de fer qu’elles ont engagé avec le gouvernement. Ce qui n’augure en rien de l’issue de ce conflit appelé à durer au moins jusqu’au milieu de la semaine prochaine. L’exécutif sait qu’il va marcher sur des œufs.




Be the first to comment

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*