Communication UAEL sur l’Initiative du Président de la République sur le PSE VERT finale

Excellence Monsieur le Président de la République,

Je mesure parfaitement le privilège qui m’échoit aujourd’hui de porter, à cette occasion particulièrement solennelle, la parole des élus locaux de notre pays. Ceci est d’autant plus justifié que la présente RENCONTRE constitue une première dans l’histoire politique du Sénégal et nous la devons à la pertinence de votre vision futuriste et avant-gardiste pour ce pays, mais aussi à votre sens élevé de l’équité ; celui d’un Sénégal de Tous et Sénégal pour Tous.

Ma contribution porte sur votre initiative « PLAN SENEGAL EMERGENT VERT OU PSE VERT ET TRANSITION AGRO-ECOLOGIQUE » contenu dans   votre Programme LIGGEEYAL ELLEUK (5-3-5) ou Rendez-vous avec l’Avenir comme instrument de mise en œuvre du PSE dans phase 2 pour la période 2019/2023 (PAP2). 

Excellence,

Votre vision du développement est celui, je vous cite : d’« Un Sénégal émergent en 2035 avec une société solidaire et dans un État de droit » ; ce qui revient à installer l’économie sur une trajectoire de croissance forte, inclusive, durable, créatrice d’emplois mais préservant l’environnement et les ressources.

Là aussi, pour une première, vous avez mis l’environnement, y compris celui agraire, au centre de vos préoccupations.

I. CONTEXTE 

Le secteur agricole, secteur clé, est considéré comme le levier de l’économie nationale. Il constitue un secteur-clé pour le développement économique et social du pays, compte tenu de la population (54,8%) qui en dépend directement, d’une part, et de sa dimension stratégique en matière de sécurité alimentaire, et de sa contribution dans la régulation des équilibres macroéconomiques et sociaux, d’autre part.

Bien que ne contribuant qu’à environ 16,9% du PIB (2018), le secteur agricole continue d’employer plus de trois sénégalais sur cinq et, quatre pauvres sur cinq résident en zones rurales. Le taux de croissance moyen du secteur agricole reste globalement inférieur à celui du PIB. L’agriculture constitue le secteur pivot de l’économie sénégalaise et se caractérise par sa forme familiale dominante. Ce n’est que dans les zones offrant des possibilités d’irrigation et d’accès facile au principal marché urbain de Dakar et à l’exportation que se développent une agriculture d’entreprise/commerciale (maraîchage : oignon, tomate, pomme de terre, carotte, arboriculture : mangue, banane) et une agriculture industrielle (arachide, coton) qui occupent moins de 5% des surfaces cultivées.

En effet, les impacts négatifs de nos activités sur notre santé et sur l’environnement ne sont plus à démontrer, et que ceux-ci constitueraient des menaces pour les générations actuelles et pour les générations futures.

Depuis 2014, à la suite des multiples leçons apprises de l’évaluation des politiques et programmes nationaux, le Plan Sénégal Emergent (PSE) a été adopté, et sa deuxième phase quinquennale 2019-2023 est en cours de mise en œuvre. Il est le cadre de référence de la politique économique et sociale pour refléter les aspirations de bien-être et de prospérité des populations sénégalaises. Il est décliné en trois (3) axes stratégiques en parfait cohérence avec les orientations avec les 17 Objectifs de Développement Durable (ODD). En effet, le PSE décline trois grandes orientations pour un développement inclusif : 

– l’Axe 1 : « Transformation structurelle de l’économie et croissance », qui cadre parfaitement avec 5 ODD (ODD 1 ; ODD 2; ODD 7; ODD 8; OMD 9), vise la création durable de richesse et l’éradication de la pauvreté sous toutes ses formes ; 

– l’Axe 2 : « Capital humain, Protection sociale et Développement durable », qui regroupe 9 ODD (ODD 3; ODD 4; ODD 5; ODD 6; OMD 11; ODD 12; ODD 13; ODD 14; ODD 15), doit permettre d’améliorer considérablement l’offre et la demande de services sociaux et la couverture sociale ; et 

– l’Axe 3 : « Gouvernance, Institutions, Paix et Sécurité », qui est régi par 3 ODD (ODD 10; ODD 16; ODD 17), répond aux exigences de bonne gouvernance, de développement local, de promotion de la paix, de sécurité et d’intégration africaine. 

A cela s’ajoutent les dispositions de divers documents cadre de politique de l’Etat dont la Stratégie Nationale de Développement durable (SNDD 2015 – 2020) pour la promotion de mode de production durables, la Contribution Déterminée au niveau National ou CDN notamment dans les domaines Adaptation et surtout Atténuation aux changements climatiques. 

Ainsi, la promotion de l’économie verte apparaît comme une opportunité que notre pays doit saisir car il pourra être un des piliers d’un développement économique durable qui participera à nourrir les populations, à assurer la sécurité alimentaire, et la réduction de la pauvreté, à promouvoir l’emploi décent et également l’industrialisation. Ceci, à travers une production propre ou respectueuse de l’environnement.

Excellence, 

Votre vision à travers le PSE VERT et la Transition agro-écologique, à travers les ODD 1, 2, 7, 8, 9, 13 et 15 contribuera très significativement aux efforts déployés par le Sénégal en matière d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques pour renforcer la résilience, d’une part, et soutenir le développement de chaînes de valeurs agricoles à haute valeur ajoutée (Examen National de l’Export Vert-ENEV- pour soutenir le développement de filières de production et d’export vert à fort potentiel commercial et générant un impact social positif au profit des populations pauvres et vulnérables (anacarde, mangue, cosmétiques), Programme d’Appui à la Création d’Emplois verts-PACEV-,…), d’autre part.  Ceci, avec une approche communautaire.

Surtout que les défis ne manquent pas pour le développement durable , et du nombre desquels : 

  • Croissance de la population, insécurité alimentaire, pauvreté et migration, impératif de bonne gouvernance, changement climatique, dégradation environnementale… ;
  •  Difficultés à intégrer l’économie, la société et l’environnement dans cadre d’auto-renforcement ; 
  • Manque de dialogue entre les parties prenantes ;
  • Accès à des outils et méthodes modernes d’expertise.

D’où la pertinence du Programme de Reforestation (Agence Sénégalaise de la Reforestation et de la Grande Muraille Verte) pour les efforts de reboisement et de restauration des sols, et de la Transition agro-écologique pour renforcer les capacités des agriculteurs pour l’adoption des techniques de l’agriculture de conservation, la lutte biologique etc.

II. JUSTIFICATION

La communauté internationale s’est engagée, dans le nouvel agenda déclinant les 17 Objectifs de développement durable (ODD), à atteindre les objectifs de développement international à l’horizon 2030. Au niveau continental, l’Agenda 2063, défini sur la base d’une approche participative, constitue le nouveau cadre stratégique pour le développement durable de l’Afrique. Il a été élaboré dans le sillage du 50ème anniversaire de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), devenue Union Africaine (UA). Pour le Sénégal, le PSE intègre les ambitions et cibles définies au niveau continental et mondial à travers ces deux agendas grâce aux efforts d’alignement et d’intégration de ces engagements internationaux dans sa mise en œuvre. Cela facilitera le suivi et l’évaluation à tous les niveaux des projets, programmes et réformes, mais aidera également à l’optimisation des ressources mises à disposition au titre du PSE, de l’Agenda 2030 et de l’Agenda 2063. 

Pour atteindre ces objectifs, il a été mis en place un cadre organisationnel et des réformes aux niveaux national et international, afin de promouvoir l’accélération de la croissance, d’améliorer l’équité et l’égalité des chances et de déterminer la viabilité environnementale. 

En conséquence, le Gouvernement du Sénégal ayant adopté la Gestion Axée sur les Résultats (GAR) comme cadre d’exécution budgétaire, avec le Budget Programme à la place du Budget de Moyens, cela implique les principes de redevabilité, de subsidiarité et de participation devenue mode de bonne gouvernance territoriale.  

– le Développement de technologies vertes (énergie solaire)

– des Services « verts » innovants (efficacité énergétique) 

  • Le développement durable prôné par l’Acte 3 de la décentralisation dans sa vision définit le cap pour une prise en charge soutenue des questions de l’environnement et bien évidement des changements climatiques. En outre, notre pays dans document de référence, à savoir le PSE a, très tôt, définit des priorités pour une résilience des communautés que ce soit dans les politiques d’adaptation et d’atténuation aux chocs climatiques. 
  • L’Agenda 2030 confirme la posture à adopter pour une intégration des dimensions vertes dans les politiques publiques locales. L’ODD 13 énumère des statistiques alarmantes en termes de réchauffement. Pour limiter le réchauffement de 1,5°, les émissions de CO2 doivent diminuer de 45% entre 2010 et 2030, et arriver à 0 vers 2050.
  • Depuis 1880, le niveau de la mer a grimpé de 20 cm et une augmentation de 30 à 122 cm est prévue d’ici 2100. 
  • En tant que compétence transférée, les élus locaux ont à cœur de prendre en charge cette dimension. Les Collectivités territoriales, en tant que démembrement de l’Etat, prolongent l’action de l’Etat au niveau des territoires.
  • Les exécutifs locaux, dans leur fonction de MAITRE D’OUVRAGE, doivent être au cœur du pilotage des politiques publiques et rendre compte aux populations des résultats et de l’utilisation des ressources publiques.

III. PLACE DES ELUS 

  • Des mesures phares sont édictées. Les élus locaux peuvent apporter leur contribution, pour la concrétisation du PSE VERT. 

Prenons trois (03) cas concrets :

  • MESURE 1 : Appliquer le nouveau Code forestier, notamment sa partie relative à la coupe illicite de bois et lancer un programme national de sensibilisation sur les risques majeurs liés à l’environnement dans notre pays.  A ce niveau les élus proposent deux actions : 1) participer au programme de sensibilisation en l’inscrivant dans l’Agenda local. 2) Diffuser le guide de la planification locale sensible au climat.
  • MESURE 2 : Lancer un programme d’investissements de 50 milliards FCFA dédié à l’initiative PSE vert de reforestation durable du territoire national, à réaliser en relation avec les collectivités territoriales, en particulier celles des zones semi-arides du pays. A ce niveau, les élus proposent : 1° Elaborer des plans climats au niveau des départements et les mettre en œuvre ; 2) Participer aux organes de pilotage du Programme
  • MESURE 3 : Mettre en place l’Agence sénégalaise de protection des forêts (ASP-F), placée sous la tutelle de la Direction nationale des Eaux et Forêts, Chasse et Conservation des sols, en tant que corps de volontaires travaillant de concert avec les services déconcentrés des Eaux et Forêts et les collectivités territoriales. 

 A ce niveau, les élus proposent : 1) Mettre à disposition des volontaires issus de nos terroirs pour développer l’emploi vert. 2) Pérenniser les emplois verts par leur intégration dans le service technique communal ; 3) Participer aux organes de pilotage de l’Agence.

IV. MODALITES DES MISE EN OEUVRE : préalables, cadre et outils

a- Les préalables

Aborder, à trois niveaux, les préalables indispensables à considérer pour la prise en charge du PSE VERT par les élus locaux.

  • au niveau institutionnel : Il faut revoir le  Code de l’environnement et mieux définir la place des élus locaux dans la gestion des ressources naturelles, en respectant le transfert des compétences
  • au niveau technique : il faut élaborer et éditer un guide qui facilite la prise en charge du PSE VERT par les élus.  
  • au niveau financier : il faut faire accréditer une structure technique ou Programme des élus par le fonds vert climat (cas du Mali).  

b. Le Cadre et outils d’intégration dans la Gouvernance Locale

  • Pour le PSE VERT, l’institutionnalisation d’une planification locale sensible au climat, permet d’arriver à une bonne maîtrise par les élus des phénomènes d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques. Ce qui permet d’arriver au niveau des CT, à des investissements sensibles au climat. 
  • Suivi, évaluation du progrès et de l’impact et ajustements politiques.
  • Renforcement approfondi des capacités des élus et personnel communal.
  • Appropriation par les populations

V. FINALITE/ATTENTES DES ELUS

  • Par exemple, l’engagement des élus locaux dans la concrétisation du PSE Vert permet : 
  • de développer les emplois au niveau des territoires, d’augmenter la résilience des communautés, 
  • de limiter les effets négatifs du changement climatique au niveau des communautés, et ; 
  • de mobiliser des financements (fonds vert climat et des ressources des partenaires bi et multilatéraux). 
  • Une adhésion des populations aux politiques publiques, notamment au Fonds vert et à l’Agro-écologie, sera réelle au niveau des communautés.

VI. RECOMMANDATIONS FORTES

  1. Les CT, aussi bien les communes que les départements, peuvent et doivent arrimer leurs documents de planification au PSE, dans une perspective de résilience aux changements climatiques
  1. L’Etat doit faciliter la mise en place d’un fonds national pour le financement de la planification surtout au niveau des CT pour une harmonisation des orientations stratégiques.
  1. Les CT peuvent amener les acteurs locaux à comprendre le PSE vert mais aussi les enjeux de développement et les enjeux environnementaux de leur terroir. Ce qui contribuerait sans nul doute à un développement local décentralisé dans une perspective de résilience au changement climatique.
  1. Les CT peuvent et doivent élaborer une stratégie pour une implication du secteur privé national et local dans le financement de la mise en œuvre des documents de planification dans une perspective de résilience aux changements climatiques.
  1. La déclinaison du PSE VERT à l’échelle des territoires peut se faire surtout avec les services techniques décentralisés ; l’administration territoriale en rapport avec les services techniciens, avec une animation des comités régionaux environnementaux et de lutte contre les changements climatiques (COMRECC) et qui sera le support de base du développement local. 

Il s’agira de mettre en place de cadres de réflexion multi-acteurs sur les Changements Climatiques et la promotion de la Gouvernance et de l’Economie verte.  

  1. La cartographie et la maîtrise de l’espace (POAS, PUD…)  constituent des défis à relever par les CT pour une bonne planification des investissements verts.

En dehors de l’ANSD, les CT doivent et peuvent disposer de leurs propres données statistiques et la mise en place de l’observatoire des territoires pourrait aider dans ce sens, pour que les données désagrégées soient disponibles jusqu’au niveau des communes avec une bonne maîtrise de l’information territoriale.

7- Un meilleur accès au numérique (PUDC du Numérique pour internet à haut débit) pour améliorer les services divers rendus à la communauté : Etat-civil, foncier, utilisation et l’adoption des e-solutions (innovations technologiques utilisables dans le conseil agricole et rural pour la diffusion de recommandations/informations sur les bonnes pratiques culturales, sur les prévisions météorologiques, suivi des subventions sur les intrants agricoles…).

8- L’UAEL peut et doit travailler aux côtés de l’Etat (Ministère des Collectivités territoriales, de l’Agriculture et de l’Equipement rural, et celui des finances et du Budget) pour qu’une structure du MCTAT soit accréditée par le Fonds VERT à l’image de l’ANICT au Mali. En outre, les CT peuvent participer à la vulgarisation du guide sur la finance climat élaboré par la plateforme nationale de financement décentralisé de la finance climat au Sénégal. Ce qui augmenterait davantage les chances de réussite du PSE VERT par les CT.

Un Sénégal émergent nécessite une meilleure territorialisation des programmes du PSE avec des cadres de réflexion multi-acteurs sur les Changements Climatiques et la promotion de la Gouvernance et de l’Economie verte au niveau de l’échelle « Arrondissement », au moins. Ceci permettrait d’assurer des effets cumulés des différents résultats enregistrés au niveau des collectivités territoriales qui serviraient de socle au développement socio-économique du pays.

« Nous avons la responsabilité de léguer aux générations futures un pays prospère, par un effort individuel et collectif sur nous-mêmes. C’est ce qui me motive à rester dans le temps de l’action, en écoutant battre tout le coeur du Sénégal ; le coeur de nos villes et de nos campagnes, afin de poursuivre sans relâche la réalisation de notre objectif commun, pour bâtir un Sénégal uni et prospère, dans la paix, la solidarité, l’équité et la justice sociale : le Sénégal de tous, le Sénégal pour tous. » : Président Macky Sall

Je vous remercie de votre bien aimable attention

Dakar,  Jeudi 10 octobre 2019 au CICAD, Diamniadio

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