Inhumation de Barry lundi : La Guinée sous forte émotion, le monde s’interroge




Les Guinéens ont reçu, ce samedi, la dépouille du jeune universitaire Mamoudou Barry, tué par un individu dépeint en France comme souffrant de problèmes psychiatriques lors du match Sénégal/Algérie.

L’émotion était forte dans la capitale guinéenne où de hautes personnalités du Gouvernement étaient présentes. Les ministres guinéens des Affaires étrangères et de la Jeunesse, Mamadi Touré et Mouctar Diallo, et un représentant de l’ambassade de France à Conakry, étaient également présents si l’on en croit le site guinéenews.

L’épouse du défunt s’est adressée à la foule pour des remerciements pour surtout pour dire combien sa fille et elle comptent sur le soutien de tous.

Une cérémonie a été même organisée ce dimanche à l’université publique Général Lansana Conté de Sonfonia, pour permettre aux étudiants et à la communauté universitaire de lui rendre hommage.

Il sera inhumé ce lundi dans son village natal, dans la Préfecture de Mamou.

Ce jeune chercheur et enseignant était promu à une brillante carrière, lui qui s’était intéressé à la fiscalité dans les industries minières en Afrique. Ses sorties dans les médias dénotent d’une connaissance approfondie du secteur, mais également d’une grande révolte par rapport aux pays riches et aux multinationales qui spolient les richesses du continent.

La preuve, son pays, la Guinée est considérée comme un ‘’accident géologique’’. Elle recèle d’une richesse minière à nulle part égale. Pourtant, c’est l’un des pays les plus pauvres du continent et du monde.

Barry n’hésitait pas à poser le débat dans une Afrique qui, si elle avait profité correctement de ces minerais, ne serait pas dans la situation que l’on sait.

Malheureusement, parti chercher le savoir dans de hautes civilisations appréciées de tous, il a rencontré la barbarie, à des milliers de kilomètres de son village.

Comme quoi le développement, c’est-à-dire le savoir-faire, ne va pas toujours de pair avec le savoir-être. La course vers le progrès et les richesses a négligé l’homme en tant que valeur suprême.

La preuve, aux Etats-Unis, les fusillades d’individus contre des innocents font, chaque année, des dizaines de morts : 20 morts le samedi au Texas et 9 dans la nuit du samedi au dimanche à l’Ohio. Et nous ne sommes pas sûrs qu’il s’agisse de détraqués mentaux.

L’explication la plus plausible est que notre civilisation actuelle, uniformisée autour du matérialisme, du progrès, de l’argent, a engendré des phénomènes d’exclusion et de misère sociale d’individus qui, marginalisés, croient pouvoir se venger par la tuerie d’individus ou de collectivités.

Exactement comme le font les terroristes avec un habillage religieux. Ainsi, qu’ils soient extrémistes de droite, populistes ou terroristes, ils souffrent forcément de ‘’problèmes psychanalytiques’’ parce que mal adaptés à une société où ils ne se retrouvent pas et pensant agir par la violence physique ou morale.

C’est pourquoi, qu’il s’agisse de l’assassin de Barry ou des tueurs du Texas, de l’Ohio, ou d’autres marginaux de ce genre qui sont aujourd’hui très nombreux, ils ne doivent nullement échapper aux rigueurs de la loi, à la sanction et, si possible, à une tentative de resocialisation par tous les moyens.

Nous sommes d’avis que ni en Occident ni ailleurs dans nos pays, la réflexion n’a pas été assez approfondie autour des origines profondes de ces actes barbares faits par des individus apparemment ‘’normaux’’. On s’indigne, on sanctionne, on actionne les services de police et de sécurité, la force coercitive de l’Etat tout en sachant qu’un autre va faire de même dans le futur.

Nous restons convaincus que le monde est plus intelligent que cela. Le terrorisme peut être vaincu, mais il faudra aussi régler la question palestinienne, vaincre tous les extrémismes de droite véhiculés par des soi-disant intellectuels, éviter l’exploitation des pays riches par ceux pauvres qui engendre une humiliation permanente, etc.

Ce sont là quelques pistes de réflexion pour tenter d’honorer la mémoire de ce jeune Guinéen dont le cas symbolise, à lui seul, le coup de frein qui est souvent apporté aux espoirs de développement et de notre continent.




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